@Informateur.ci- L’affaire des démolitions de Koumassi Campement rentre progressivement dans une phase décisive qui va voir tomber des sanctions contre les mis en cause, jusqu’aux personnalités impliquées. L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a levé l’immunité parlementaire du député Moussa Diabagaté, élu de Gouméré-Tabagne, le 6 octobre 2026. Moussa Diabagaté est mis en cause par la justice comme le principal commanditaire et financier des opérations de démolitions illégales survenues le 3 juin 2026 au quartier Koumassi-Campement à Abidjan.
Faut-il le rappeler, le procureur de la République, Koné Braman Oumar, avait officiellement requis la levée de son immunité lors d’une communication le 16 septembre 2026. Il a été suivi par l’Assemblée nationale qui a validé cette demande le 6 octobre 2026, permettant ainsi au parquet de poursuivre pénalement le député dans le cadre de l’affaire.
L’homme par qui tout a commencé, l’opérateur économique Alloui Brou Jacques, avait invoqué et affiché une décision de justice pour justifier l’opération. Mais le 10 juin 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a formellement démenti cette version. Il a précisé que la requête de l’intéressé ne concernait que cinq habitations et qu’elle avait été rejetée par le tribunal. Mieux, en août 2026, dans un message à la Nation, le président de la République Alassane Ouattara a condamné l’opération, affirmant qu’elle avait été menée en dehors du cadre légal et promettant des sanctions.
Déjà, Alloui Brou Jacques, ancien adjoint au maire de Koumassi, avait été placé sous mandat de dépôt le 29 juin 2026 et écroué au Pôle pénitentiaire d’Abidjan, pour troubles à l’ordre public, destruction volontaire de biens d’autrui et voies de fait.
On peut dire que Cissé Bacongo s’en tire pour l’heure à bon compte. Mais les enquêtes se poursuivent, le procureur ayant précisé que les investigations continuent pour mieux cerner les implications de chacun.
Dans la foulée, lors d’une communication officielle le 16 septembre 2026, le Parquet avait étendu les investigations et mis en cause le député de Gouméré-Tabagne, Moussa Diabagaté, désigné comme l’instigateur et le principal bailleur de fonds présumé de l’opération, ouvrant la voie à la procédure de levée de son immunité parlementaire. C’est désormais chose faite. Au regard de ce développement, une question se pose qui brûle toutes les lèvres : qu’adviendra-t-il du ministre-gouverneur Cissé Bacongo Ibrahim qui se trouve lui aussi impliqué dans l’affaire et qui a été auditionné dans le cadre des enquêtes judiciaires en cours ?
Entendu le 24 juin 2026 par la justice dans le cadre de l’affaire des démolitions survenues à Koumassi-Campement le 3 juin 2026, il a affirmé lors de son audition que les opérations de démolition ordonnées par le District autonome d’Abidjan s’inscrivaient uniquement dans le cadre du Plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) visant à évacuer les sites à risques, à sauver les vies des personnes exposées et à assainir l’environnement.
Il faut le souligner, la responsabilité pénale éventuelle du ministre-gouverneur n’est pas établie à ce stade, les enquêtes distinguant les opérations régulières du district des faits contestés. La justice établit en effet une différence entre les opérations ordonnées par le ministre-gouverneur dans le cadre du plan ORSEC et les démolitions illégales perpétrées à la requête d’Alloui Brou Jacques.
On peut dire que Cissé Bacongo s’en tire pour l’heure à bon compte. Mais les enquêtes se poursuivent, le procureur ayant précisé que les investigations continuent pour mieux cerner les implications de chacun, notamment d’autres acteurs cités dans le dossier comme des responsables communautaires ou auxiliaires de justice.
Sir ALFRED












