@Informateur.ci- A Yamoussoukro, les échos sonores de la résidence, ou plutôt du palais présidentiel du Père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne et premier président de la République se sont tus. Comme s’est tue la voix du maître des lieux, à son décès le 7 décembre 1993. Et depuis, plus personne n’y vit. Ni ses descendants, ni les Chefs d’État qui lui ont succédé ne semblent avoir songé à y résider. Le lac aux caïmans qui était l’un des attraits les plus marquants de ce vaste domaine a, de ce fait, perdu son lustre d’antan.
Que faire donc de ce trésor inestimable, ce patrimoine historique qui n’a pas de prix ? Faut-il le noter, le palais présidentiel de Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro était considéré comme la résidence privée du Sage d’Afrique dans son village natal. Le Sage a lui-même semblé confirmer de son vivant ce fait, en déclarant qu’il léguait la résidence de Yamoussoukro à l’État de Côte d’Ivoire. Ce que ses successeurs n’ignoraient certainement pas. Il revient donc à l’État d’en prendre possession. On aurait pu en faire une résidence officielle des Chefs d’État ivoiriens à Yamoussoukro.
Le président Laurent Gbagbo aurait, dit-on, eu cette idée. Mais il n’a pas, dirons-nous, osé y résider pendant sa présidence. Pouvait-il être tenté de vivre au palais présidentiel de Yamoussoukro alors que le successeur du Vieux, son dauphin constitutionnel Henri Konan Bédié, s’en est bien gardé avant lui? Le président Alassane Ouattara, lui non plus, bien que se réclamant houphouëtiste, n’a jamais cherché à vivre au palais de Yamoussoukro.
Et pourtant, cette ville est la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Sans doute les successeurs ont-ils ressenti l’ombre immense et épaisse de Félix Houphouët-Boigny, dont la mémoire vit encore en ce lieu. C’est comme si aucun d’eux n’avait voulu ‘profaner’ ce palais qui se présente comme un lieu sacré, voire de pèlerinage, sur les traces de l’immense figure que fut Félix Houphouët-Boigny.
Le président Laurent Gbagbo aurait, dit-on, eu cette idée. Mais il n’a pas, dirons-nous, osé y résider pendant sa présidence. Pouvait-il être tenté de vivre au palais présidentiel de Yamoussoukro alors que le successeur du Vieux, son dauphin constitutionnel Henri Konan Bédié, s’en est bien gardé avant lui? Le président Alassane Ouattara, lui non plus, bien que se réclamant houphouëtiste, n’a jamais cherché à vivre au palais de Yamoussoukro.
On le sait, en Afrique comme ailleurs, la superstition n’est jamais loin quand Il s’agit de la mémoire des morts. Et il y a peut-être de quoi éprouver un certain sentiment, à l’idée que dans l’enceinte du palais de Yamoussoukro se trouvent les tombes du Vieux et de plusieurs membres de sa famille. Bref…
Derrière le secret des murs de ce palais présidentiel imposant, on ne peut savoir comment ce joyau architectural et ses riches ameublements, décoration et œuvres d’art sont entretenus par l’État. Y met-on tout le soin qu’il faut pour maintenir en bon état et préserver les matériaux de grande valeur qui composent le palais présidentiel de Yamoussoukro? Il faut l’espérer.
Le petit-fils de Félix Houphouët-Boigny, Augustin Thiam, gouverneur du District de Yamoussoukro, semble être le seul qui veille sur ce trésor laissé par son grand-père. Et il se désole de ce que la Côte d’Ivoire ne s’approprie pas cet héritage de si grande valeur, pour lui redonner vie. D’ailleurs, ce dernier propose depuis longtemps que l’État en fasse un musée, pour faire revivre l’histoire de la Côte d’Ivoire à travers l’héritage laissé par celui qui en fut le père fondateur. Il va sans dire qu’on ne doit pas abandonner le palais présidentiel de Yamoussoukro. On ne peut pas laisser dans l’oubli cet précieux héritage.
Alexandre LEBEL











