@Informateur.ci- Tout contexte et toutes proportions gardées, l’affaire Moussa Kaka au Niger serait-elle comme une autre affaire Kieffer, celle de la disparition du journaliste franco-canadien qui s’est produite en Côte d’Ivoire? Les deux dossiers présentent en tout cas des similitudes.
Faut-il le rappeler, le journaliste nigérien Moussa Kaka, Directeur général de la Radio-Télévision Saraounia (RTS) et ancien correspondant de Radio France Internationale (RFI), est porté disparu depuis le 31 août 2026 à Niamey. Concernant les circonstances de sa disparition, on sait que son dernier signal de vie remonte au lundi 31 août 2026, vers 19 heures. Ce jour-là, Moussa Kaka a quitté les locaux de son média à Niamey à bord de son véhicule pour regagner son domicile. Mais il n’est jamais arrivé chez lui et n’a plus fait signe de vie. Pire, aucun contact n’a pu être établi avec lui depuis.
La disparition de Moussa Kaka se produit, faut-il le faire remarquer, dans un contexte politique tendu. Elle est survenue à peine deux jours après la mutinerie qualifiée de «tentative de déstabilisation» déjouée à Niamey, dans la nuit du 28 au 29 août 2026. A travers les réactions au plan national et international, on évoque l’hypothèse d’un enlèvement par des personnes non identifiées. L’organisation Reporters sans frontières (RSF) et de nombreuses associations de presse, ainsi que la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), évoquent désormais une «disparition forcée» à la suite d’un rapt sur le chemin de son domicile.
Du côté des autorités militaires de Niamey, c’est un silence total et froid. Face au mutisme absolu du pouvoir militaire, des leaders d’opinion exhortent directement le président de la transition, le Général Abdourahamane Tiani, à intervenir pour faire la lumière sur l’étrange disparition de Moussa Kaka, en fournissant d’urgence des informations concrètes sur le sort et la localisation du journaliste.
Les deux affaires se rejoignent dès lors qu’il s’agit de deux figures marquantes des médias dans les pays où se sont déroulés les faits respectifs. La première affaire s’est refermée sur un mystère total. La seconde est en cours et les espoirs de retrouver le journaliste nigérien vivant demeurent.

Certes le contexte et les circonstances sont différentes, toutes proportions gardées. Mais l’affaire Moussa Kaka rappelle sous certains aspects, la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en Côte d’Ivoire, survenue le 16 avril 2004 à Abidjan. Ce dossier demeure l’une des affaires criminelles voire politiques les plus sombres et mystérieuses dans un contexte de crise politico-armée. Le journaliste, spécialiste des matières premières, menait, à en croire les sources proches du dossier, de sensibles enquêtes économiques au moment de sa disparition qui sera considérée comme un enlèvement.
Guy-André Kieffer a totalement disparu des écrans radars en plein jour sur le parking d’un supermarché d’Abidjan alors qu’il avait, dit-on, rendez-vous avec Michel Legré, le beau-frère d’une figure politique majeure, en l’occurrence Simone Gbagbo, Première Dame de Côte d’Ivoire au moment des faits. Guy-André Kieffer n’a jamais été retrouvé, malgré une retentissante enquête judiciaire dont les péripéties, parfois rocambolesques, auront des répercussions sur les relations diplomatiques entre la France et la Côte d’Ivoire.
En dépit des mémorables et très médiatisées recherches policières et judiciaires menées aussi bien par les autorités ivoiriennes que par les représentants de la justice française dépêchés en Côte d’Ivoire dans le cadre de cette affaire, le journaliste franco-canadien n’a plus jamais refait signe de vie. L’affaire est restée non résolue.
Dans l’affaire Moussa Kaka, on n’en est pas là, à ce stade. Il ne s’agit pour l’heure que d’une disparition et rien n’indique que le journaliste nigérien n’est pas en vie. On pense qu’il est détenu par ses ravisseurs dans un lieu tenu secret où il subit des pressions physiques et psychologiques. Sa famille, ses proches et la communauté des journalistes au plan national et international espèrent, malgré les inquiétudes, qu’il sera remis en liberté, sain et sauf.
Mais les deux affaires se rejoignent dès lors qu’il s’agit de deux figures marquantes des médias dans les pays où se sont déroulés les faits respectifs. Qui plus est les deux journalistes ont fait l’objet de disparition inquiétante voire forcée. La première affaire s’est refermée sur un mystère total. L’autre est en cours et les espoirs de retrouver le journaliste nigérien vivant demeurent.
Sir ALFRED












