@Informateur.ci- Pour une fois, l’on n’a peut-être pas vu venir les nuages qui s’accumulent aujourd’hui dans le ciel politique ivoirien. Tant l’on est passé d’un sujet à l’autre, sans transition. Une critique formulée par l’ancien ministre Justin Koné Katinan, 4e vice-président du PPA-CI, contre le parti au pouvoir, le RHDP, au sujet de sa gestion de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, a débouché sur une plainte dudit parti à la Préfecture de police pour diffamation et divulgation de fausses nouvelles.
Hélas, tout s’est ensuite enchaîné très vite. En effet, parti répondre à la convocation, l’ancien ministre proche du président Laurent Gbagbo a été placé, d’abord en garde à vue, puis sous mandat de dépôt avant d’être incarcéré au pas de course le vendredi 11 septembre 2026. A la surprise générale, ce n’est plus pour le motif initial de «diffamation et divulgation de fausses nouvelles» que Katinan est mis en détention, mais pour des raisons antiterroristes. Justin Koné Katinan a été déféré devant la Section antiterroriste du Tribunal d’Abidjan et placé sous mandat de dépôt pour infractions présumées graves commises durant la période électorale de la présidentielle de 2025. Il est notamment visé pour des faits présumés d’actes de violence liés à cette période. Malheureusement, le climat politique en Côte d’Ivoire se détériore une fois de plus.
Le Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), ainsi que les leaders et les porte-voix de l’opposition ivoirienne, n’ont pas fini de monter au créneau pour dénoncer l’incarcération de Justin Koné Katinan et réclamer sa libération immédiate et sans conditions. Que voilà une nouvelle affaire qui vient en rajouter aux tensions politiques montantes.
En effet, des poursuites et un mandat d’arrêt sont en cours contre Me Habiba Touré en raison de son implication présumée dans les événements et troubles politiques d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire. Le mandat d’arrêt contre Me Habiba Touré a été annoncé par le procureur de la République, Oumar Braman Koné, le 16 septembre 2026, lors d’une conférence de presse à Abidjan.
Les motifs officiels et les éléments clés de cette affaire portent sur le rôle présumé de l’avocate du président Laurent Gbagbo et du PPA-CI dans la contestation électorale de 2025. En tant que porte-parole du Front commun de l’opposition qui avait réuni le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, il lui est reproché d’avoir participé activement aux appels au boycott de la présidentielle, à la désobéissance civile et à la contestation du processus de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Faut-il le rappeler, Me Habiba Touré avait pris la défense des manifestants et militants arrêtés et incarcérés dans cette houleuse période électorale de 2025.
Mais de vives contestations sont émises sur la nature de la procédure visant l’avocate. L’opposition déplore « un flou juridique autour d’une tentative de musellement et une manœuvre d’intimidation purement politique ». Selon les leaders de l’opposition, cette procédure est brandie sur la tête de Me Touré Habiba – qui se trouve actuellement en France – comme une épée de Damoclès pour saper son moral, la réduire au silence et entraver son retour au pays, sans que le dossier ne repose sur des charges criminelles solides.
L’autre aspect des implications de ce mandat d’arrêt est que l’avocate du président Laurent Gbagbo et du PPA-CI pourrait, pensent certains, faire l’objet d’une procédure de demande d’extradition de la France où elle réside vers la Côte d’Ivoire. Mais à ce niveau, un tel cas de figure est loin d’être évident en raison de sa double nationalité. En effet, Me Habiba Touré possède également la nationalité française.
Or, selon le Code de procédure pénale français, l’extradition d’une personne possédant la nationalité française au moment des faits qui lui sont reprochés est strictement interdite. Si un citoyen français commet un crime ou un délit, il peut être jugé par les tribunaux en France, mais il ne sera pas remis à un État étranger. Cette protection s’applique même si la personne possède une double nationalité. Mais le retour volontaire d’Habiba Touré en Côte d’Ivoire, dans des conditions idoines de sécurité et de sérénité, fait désormais question. Va-t-on vers le scénario d’un « exil forcé » pour l’avocate de Gbagbo ?
Sir ALFRED












