@Informateur.ci- Un fait a interpellé les Ivoiriens en cette période de lancement de la campagne principale de commercialisation 2026-2027 de café cacao. L’Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière café-cacao (OIA Café-Cacao) s’est officiellement désolidarisée des déclarations de l’un de ses administrateurs, Thibault Yoro.
La raison de la paradoxale sortie, le mardi 8 septembre 2026, du 3e vice-président et porte-parole de l’OIA Café-Cacao, Obed Blondé Doua, est qu’à la suite de l’annonce du maintien du prix d’achat du cacao à 1.200 FCFA le kilogramme pour la campagne de commercialisation, Thibault Yoro, en sa qualité de Secrétaire général et porte-parole de la Centrale syndicale agricole de Côte d’Ivoire, avait publiquement exprimé sa déception face à ce prix. Estimant qu’il ne rétribue pas le travail des paysans à sa juste valeur, au regard du niveau actuel des cours mondiaux. Il avait, de ce fait, appelé à une réforme profonde du mécanisme de fixation des prix bord champ du café cacao et du système de commercialisation.
La réaction de Doua Blondé amène à interpeller les structures étatiques et professionnelles de régulation de la filière que sont le Conseil du Café-Cacao (CCC) et l’Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière café-cacao (OIA Café-Cacao) sur leur véritable vocation, au-delà des aspects techniques de leurs missions. Ces deux structures n’ont pas été créées pour s’opposer aux producteurs de café-cacao et aux sociétés coopératives agricoles qui les encadrent, au point d’en faire des adversaires à combattre, mais pour œuvrer à leur bien-être par une régulation efficiente de la filière, et également dans l’intérêt de l’économie ivoirienne.
Ces deux faîtières doivent de ce fait être au contraire les porte-paroles des producteurs, tenir compte de l’ensemble de leurs préoccupations et les soumettre à l’attention du gouvernement plutôt que de s’agacer à chaque fois que les représentants des paysans formulent des revendications légitimes. Les faîtières doivent éviter la position orgueilleuse de ceux qui pourraient se croire au-dessus des planteurs. Elles ne le sont pas, car sans producteurs, il n’y a pas de filière café cacao, il n’y a pas d’Interprofession.
Doua Blondé Obed peut ne pas partager le point de vue de Thibault Yoro. Mais par respect et par solidarité pour les producteurs de café-cacao qui vivent des difficultés en Côte d’Ivoire, il aurait dû se taire. Car l’OIA café-cacao a été créée pour représenter les planteurs. Et non le contraire.
Les seconds ne sont que parce que les premiers existent. Les producteurs sont l’alpha et l’oméga de la filière. C’est-à-dire que ce sont eux qui sont au début de la chaîne de valeur en travaillant dur dans les plantations, sous le soleil et la pluie, pour produire, et c’est à eux qu’en dernier ressort la filière doit profiter par l’amélioration de leur revenu à travers une bonne rétribution, pour un mieux-être. C’est d’ailleurs l’objectif du gouvernement.
Et à ce que l’on sache, le CCC et l’OIA Café-Cacao ne sont pas là pour réduire au silence ou réprimer les paysans ivoiriens et leurs représentants. Les pouvoirs publics n’ont pas besoin que les faîtières de la filière café cacao se constituent en gendarmes pour les défendre, dès lors que les planteurs de café-cacao ne sont pas les ennemis des autorités ivoiriennes. C’est plutôt le contraire.
Ce que l’État attend des faîtières, c’est qu’elles travaillent au bien-être des paysans, plutôt que de créer des crises qui, en définitive, desservent l’État. On comprend que face aux enjeux financiers et à certains intérêts, des dirigeants des faîtières de la filière café-cacao aient pu oublier leur véritable vocation. Le devoir de tous est donc de le leur rappeler. Si les producteurs sont négativement impactés et que la production nationale de café-cacao est gravement affectée, c’est l’économie ivoirienne qui prend un coup. Il faut éviter un tel schéma. Et c’est la responsabilité du CCC et de l’Interprofession café cacao.
Doua Blondé Obed peut ne pas partager le point de vue de Thibault Yoro. Mais par respect et par solidarité pour les producteurs de café-cacao qui vivent des difficultés en Côte d’Ivoire, il aurait dû se taire. Car l’OIA café cacao a été créée pour représenter les planteurs. Et non le contraire.
Maurice Kouassi KONAN












