@informateur.ci- Depuis le 1er septembre 2026, la carte du producteur de café-cacao est obligatoire en Côte d’Ivoire pour la commercialisation de ces deux produits.On sait que 1,2 millions de producteurs ont été enrôlés et enregistrés lors de la mise en place du Système national de traçabilité (SNT). C’est le chiffre récent communiqué par le Conseil du Café-Cacao.
Sur cet effectif total, plus de 900 000 cartes de producteur de café-cacao ont été distribuées. Ce qui signifie qu’officiellement, au moins 300.000 paysans n’ont pas encore la carte de producteur. Bien plus, nul n’ignore que l’enrôlement des paysans ivoiriens n’a pas pris en compte un bon nombre de petits planteurs dans des contrées difficiles d’accès, dont beaucoup ignorent à ce jour l’existence du Système national de traçabilité, à plus forte raison de la carte de producteur.
Que fait-on de ces centaines de milliers de planteurs qui n’ont pas encore la carte de producteur ? Leur interdira-t-on de vendre leur production ? Quand on sait le nombre de familles que cela représente, qu’adviendra-t-il de ces pauvres paysans dans un contexte de cherté de la vie, en pleine rentrée scolaire ? Il ne faut pas se le cacher, exclure 300.000 paysans ivoiriens de la commercialisation du café cacao serait une véritable »catastrophe humanitaire » dans ce pays.
Certes les normes et les textes doivent être respectés, et la carte de producteur est une bonne chose. Dans sa conception, cette carte contient un code QR qui donne des informations sur le planteur, son ménage et sa parcelle géolocalisée. Elle porte également un numéro unique qui sert à identifier officiellement chaque producteur et à suivre sa production. La carte de producteur est en outre dotée d’une puce bancaire qui transforme la carte en portefeuille électronique pour sécuriser et faciliter les paiements des ventes. Les avantages mis en avant pour les producteurs est le paiement sécurisé via la puce bancaire et la garantie du respect du prix minimum garanti bord champ, évite les pratiques douteuses des acheteurs véreux.
En prime, la carte donne accès à la Couverture Maladie Universelle (CMU) et aux aides par la facilitation de l’obtention des programmes d’appui du Conseil du Café-Cacao. L’objectif pour le gouvernement est d’assurer la traçabilité de la production (en permettant de suivre le parcours des sèves depuis la plantation jusqu’à l’usine) et des transactions qui ont lieu dans le cadre de la commercialisation pour éviter la fraude, conformément aux exigences des normes africaines et internationales.
Mais il faut tenir compte de la réalité souvent implacable du terrain, celle de ces centaines de milliers de paysans démunis qui sont pas encore en possession de leur carte de producteur. Il faut trouver un mécanisme valable pour permettre aux planteurs de café cacao pour l’heure » sans papiers » de vendre leur produits, pour ne pas les plonger dans une misère totale. Il va sans dire que l’objectif de la carte de producteur de café cacao n’est pas de segréger et d’affamés des planteurs qui seraient rendus indésirables par leur nouveau statut de »sans papiers ».
Maurice Kouassi KONAN












