La Société des Transports Abidjanais (Sotra) offre deux classes d’autobus. Il y a la classe économique et la classe confort, dirons-nous. La classe économique est constituée des bus des lignes dites ordinaires, au tarif social de 200 FCfa le ticket pour un voyage, et la classe confort qui compte les bus Express dont le tarif du ticket de voyage est à 500 FCfa. Dans le principe, les Express sont des bus de standing empruntés par les usagers qui peuvent payer plus cher, tandis que les bus dits ordinaires sont un moyen économique pour les bourses plus faibles. Et la différence devrait se faire au niveau du confort offert par chaque classe de bus.
- Plus on paye, plus on devrait bénéficier de confort, mais ce n’est plus le cas
Plus on paye, plus on devrait bénéficier de confort, et vis-versa. Et pour les conducteurs, la consigne de la direction de l’entreprise au départ, lorsque la Sotra a lancé il y a bien des années les bus Express, était que, contrairement aux bus économiques dont le ticket est au tarif social de 200 FCFA, aucun usagers ne devrait se tenir débout après avoir payé 500 FCFA dans l’Express. Il devait y avoir de places assises pour tout le monde dans les bus Express et les machinistes avaient pour consigne stricte de n’accepter aucun usager en sureffectif lorsque toutes les places assises étaient occupées, du moment que le ticket est vendu plus cher. Au besoin, les places debout dans les Express devraient être limitées au strict minimum, pour les situations d’extrême urgence ou des cas de force majeure.
En termes de confort, les usagers du bus Express devaient en avoir pour leur argent et arriver plus vite à destination. Mais ce n’est plus le cas depuis bien longtemps. Faute de bus en nombre suffisant, les bus Express sont, aux heures de pointe, aussi bondés que les bus économiques. Les usagers des lignes express, fonctionnaires, travailleurs du privé, élèves ou étudiants, s’ils ne veulent pas arriver en retard au travail, pendant leurs courses ou à l’école, acceptent de faire le trajet débout, inconfortablement serrés les uns contre les autres, accrochés dans les bus Express.
- La Sotra, à son corps défendant…
Cependant, il ne faut pas croire que le concept du bus Express soit tombé en faillite, ou que les conducteurs de ces bus violent délibérément la consigne des places assises pour tous. En fait, face à l’implacable réalité de l’insuffisance de bus, la Sotra a fini par accepter les places debout et le surnombre dans les bus Express, à son corps défendant, à la demande même des usagers qui préfèrent se tenir debout et s’entasser dans les Express, plutôt que de rater les rares autobus qui arrivent souvent en retard, à une fréquence irrégulière sur les lignes Express. Au début, les conducteurs des bus Express refusaient d’embarquer des passagers une fois les places assises entièrement occupées.
Mais, si certaines personnes on toujours déploré le surnombre dans les bus Express, la vérité, à la décharge de la Sotra, est que la majorité des usagers des Express se plaignaient de la règle stricte des places assises obligatoires, accusant les conducteurs de refuser ‘’injustement‘’ de les prendre alors qu’ils risquent d’arriver en retard au travail ou à l’école et qu’ils sont de ce fait dans des situations d’urgences. C’était un véritable cas de conscience pour les machinistes de la Sotra qui faisaient face à des usagers les suppliant de les laisser s’arrêter et d’être en surnombre dans les Express, comme dans les bus classe éco, même au tarif de 500 FCFA, pourvu qu’ils arrivent à l’heure, quelles que soient les conditions du voyage…
- Un réel besoin en autobus, pour améliorer la qualité du service et le confort dans les Express
Et le dilemme était partagé par la direction de l’entreprise elle-même, qui se voyait reprocher de ne pas lancer suffisamment de véhicules sur les lignes Express et par conséquent d’être la responsable du retard accusé par les travailleurs qui empruntent les bus Express. En définitive, le principe des places debout a été, faut-il le répéter, accepté – comme un cas généralisé et permanent de force majeure – en grande partie à la demande des usagers. Et les bus Express n’ont plus rien à envier au bus ordinaires en termes de surnombre, pour ne pas parler de surcharge. La réalité est que la Sotra a un réel et important besoin en autobus, pour améliorer la qualité du service à tous les niveaux et le confort dans les bus Express, en particulier.
Maurice Konan KOUASSI












