@informateur- S’il y a un homme qui a accueilli la nouvelle de la grâce présidentielle accordée à Soul to Soul avec beaucoup de soulagement voire des larmes de joie, c’est bien l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro. Ciblé par la justice ivoirienne après son refus d’adhérer au Rhdp, parti au pouvoir, et condamné à 20 ans de prison pour des accusations de «recel de détournement de deniers publics» et de «blanchiment de capitaux» par le tribunal correctionnel d’Abidjan en 2020, Guillaume Soro en exil, a malheureusement assisté à l’arrestation de plusieurs de ses proches, accablés par des condamnations et peines diverses.
Alors que certains proches de l’ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo, moins résilients, ont choisi de monnayer leur liberté, Soul To Soul, son ex-chef du protocole, et le commandant Jean-Baptiste Kouamé, son ex-chef de sécurité, pour ne citer que ces figures pour le moins emblématiques, lui sont restés fidèles et loyaux. Acceptant ainsi de payer dignement le prix de leur inconditionnel soutien à l’enfant de Kofiplé.
Obligé de gérer à la fois son exil et la peine qui l’étreint vis-à-vis de ses collaborateurs incarcérés et face auquel il était impuissant, il a fallu un mental de fer à Guillaume Soro pour supporter ce qui ressemblait à une torture morale. N’écrivait-il pas, en juin 2023, sur sa page Facebook : «Je pense à nos compagnons qui sont en prison pour des faits qu’ils n’ont jamais commis. Leur sort est bien plus difficile que ce que nous vivons».
Quatre mois après avoir mis fin à son exil et pris ses quartiers dans un pays membre de l’Alliance des Etats du Sahel, Guillaume Soro peut désormais dormir d’un sommeil profond avec la libération de ses proches. C’est un fardeau invisible mais oppressant qui vient de lui être enlevé.
En attendant la paix définitive entre lui et le président Alassane Ouattara et son retour en Côte d’Ivoire, sa terre natale, dans un esprit d’apaisement et dans un élan de réconciliation, il faut saluer cette grâce présidentielle du chef de l’Etat qui redonne espoir aux Ivoiriens. Et donne tout son sens à la CAN dite de l’hospitalité dont elle est un avatar. Comme pour rappeler la bonne disposition d’esprit du président Ouattara après le sacre des Éléphants qui porte en lui, les germes d’une réconciliation entre les Ivoiriens éreintés par des crises à rallonge qui ont durement et durablement érodé l’unité nationale.
Il faut espérer que le chef de l’Etat transforme l’essai en se disposant à accueillir, dans un élan de fraternité et d’amour, tous ceux qui n’ont pas l’heur de partager sa vision mais qui lui ont été proches dans un passé relativement récent. C’est une exigence indépassable de son ambition de laisser à la postérité une Côte d’Ivoire réconciliée et rassemblée. Dans la paix et la stabilité, gages d’un développement durable. C’est un vœu !
Alexandre Lebel ILBOUDO












