@informateur.ci- Le 20 décembre 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé la création d’une Force unifiée de l’AES (FU-AES) pour lutter contre le terrorisme, avec un effectif prévu de 5 000 hommes.
Après les attaques coordonnées, les 25 et 26 avril, entre les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et du Front de libération de l’Azawad (FLA), le chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta, est resté aphone et invisible, jusqu’à ce mardi 28. Il faut croire que le coup porté par les terroristes l’a laissé sans voix. On notera, parallèlement, que les autres pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) se sont manifestés…par un communiqué mais n’ont pas bougé.
En outre, le communiqué de l’AES, publié lundi 27 avril, dénonce « un complot soutenu par des ennemis ». En somme, c’est la même antienne, la même rhétorique victimaire qui vise à leur rallier leurs populations désormais conditionnées. Cependant, le Niger et le Burkina Faso n’annoncent pas d’action concrète. Et pourtant, la charte du Liptako Gourma, qui a créé l’AES en 2023, prévoit un devoir d’assistance et de secours entre les trois alliés en cas d’atteinte à la souveraineté et à l’intégrité du territoire de l’un d’eux. Ainsi, la mise en place de la Force unifiée de l’AES (FU-AES) censée lutter contre le terrorisme et assurer la défense mutuelle des territoires qui composent l’espace aessien, avec un effectif prévu de 5 000 hommes, va-t-elle dans le sens de l’histoire.
- Garantir la sécurité sur un espace de 2,8 km2
De fait, cette force commune, composée de 5 à 6 000 hommes, opérationnalise la défense collective de la région du Liptako-Gourma avec un effectif envisagé de 15 000 soldats pour garantir la sécurité sur un espace de 2,8 millions de km2.
Pour le coup, on est tenté de se demander à quoi servent les 6 000 hommes de la FU-AES ? C’est sans doute un autre coup de pub, une autre arnaque des dirigeants de l’AES coutumiers des effets de manches et des rodomontades.
Cette force serait dotée de moyens aériens, terrestres et de renseignement pour des opérations coordonnées. Des réunions régulières des chefs d’état-major des trois pays (notamment à Ouagadougou et Niamey) structurent la coordination opérationnelle. Cette initiative est en ligne avec la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO.
On notera également que la création de cette armée s’inscrit dans une intégration plus large des trois pays, qui inclut également : le passage d’une alliance défensive à une Confédération des États du Sahel ; des projets de banque d’investissement commune avec un capital de 500 milliards FCFA ; la création d’une compagnie aérienne commune annoncée en avril 2026, etc.
- La montée en puissance militaire de cette unité
A la vérité, la montée en puissance militaire de cette unité devrait assurer une plus grande sécurité aux trois pays alliés. Mais, la réalité est moins rose. Puisque les groupes armés du FLA et les djihadistes qui continuent à faire le coup de feu ne sont toujours pas boutés hors du Sahel où ils continuent à régner en maîtres.
Pour le coup, on est tenté de se demander à quoi servent les 6 000 hommes de la FU-AES ? C’est sans doute un autre coup de pub, une autre arnaque des dirigeants de l’AES coutumiers des effets de manches et des rodomontades. On peut le déplorer.
Ousmane MODIBO












