@informateur.ci- La réglementation relative à la commercialisation du gaz butane en Côte d’Ivoire est souvent violée par des acteurs insouciants voire véreux. Si bien que des accidents mortels surviennent parfois dans les dépôts et entrepôts de vente de gaz.
En Côte d’Ivoire, la réglementation relative à la commercialisation du gaz n’est pas la chose la mieux observée par les acteurs de ce commerce. Trop d’accidents mortels surviennent dans des entrepôts de vente de gaz. En 2023 et 2024, des explosions de bouteilles de gaz dans des entrepôts à Abidjan et à Bingerville notamment, ont inquiété les populations et interpellé les autorités compétentes. Aussi le ministère du Commerce a-t-il décidé d’agir pour faire respecter les mesures de sécurité relatives au stockage et à l’entreposage des bouteilles de gaz.
Des agents sont sur le terrain depuis plusieurs semaines, pour contrôler les entrepôts et autres dépôts de gaz et faire appliquer la réglementation en vigueur. Nous les avons suivis à Yopougon, notamment. Le vendredi 23 juin 2025, dame K.A, qui tient un entrepôt de vente de gaz et de boisson au Marché Bagnon, est appelée par les agents du ministère du Commerce qui lui ont rendu visite, à retirer immédiatement l’installation électrique de son dépôt dès le matin, vers 10 heures. Informé, nous nous rendons sur les lieux. Nous observons les discussions entre elle et les agents sur le terrain, comme un simple consommateur venu recharger sa bouteille de gaz.
- Installations électriques inappropriées et sources de chaleurs
Le chef d’équipe explique à la propriétaire et au personnel de l’entrepôt qu’ ’’ il est interdit d’installer de l’électricité dans un dépôt de gaz, à cause de risques de court-circuit et autres accidents électriques qui peuvent survenir et provoquer un incendie, un départ de feu qui peut embrasser le dépôt et faire exploser les bouteilles de gaz ‘’. Il demande donc séance tenante à la dame de ‘’ faire venir un électricien pour retirer l’installation électrique ‘’ qui, nous le constatons, permettait d’éclairer le dépôt et de faire tourner la ventilation.
Rapidement le compteur électrique est disjoncté et un électricien arrive pour supprimer l’installation électrique. Pour le reste des mesures de sécurité, rien n’est reproché à la dame, hormis l’installation électrique. Lorsque les agents du ministère du Commerce s’éloignent pour visiter plus loin les autres dépôts, nous entendons le personnel se plaindre sous cape de la chaleur qui va désormais les faire transpirer sans ventilation et du fait qu’il seront amenés à se servir de lampe torche pour mieux voir au fond du dépôt.
L’un d’eux, insouciant et plaisantin, fait remarquer qu’il ne pourra plus ‘’brancher son appareil pour écouter la musique ‘’. Sa patronne lui jette un regard sombre qui l’interpelle. Nous lui faisons remarquer que ce sont les mesures à respecter pour éviter des accidents et préserver des vies humaines. Puis nous courons vers les agents sur le terrain pour en savoir davantage sur leur mission de contrôle. Le chef d’équipe, A. H. nous explique qu’en dehors du retrait des installations électriques dans les dépôts de gaz, il faut s’assurer aussi que ‘’ la proximité éventuelle du dépôt avec les petits magasins installés en bordure de routes, les quincailleries et les restaurants qui sont, entre autres, des sources importantes de chaleur ‘’, ne comporte pas de risque notable.
- Installations anarchiques de dépôts et transvasement illégal de gaz butane
Le chef d’équipe ajoute qu’au nombre des risques et dangers liés à la vente du gaz se pose, on note aussi les installations anarchiques et clandestines de dépôts et le transvasement illégal de gaz butane, parfois dans des domiciles. Ce qui a déjà provoqué des accidents graves et fait de nombreuses victimes. Et il n’a pas tort. De triste mémoire, à la veille du réveillon de Noël le 23 décembre 2018, à Abidjan dans la commune d’Abobo Agbéikoi, l’explosion d’un dépôt de transvasement clandestin de gaz butane a provoqué un brasier dans lequel quatre personnes sont décédées, sans compter les nombreux blessés. Le propriétaire du dépôt de gaz avait été mis aux arrêts.
Faut-il le relever ces derniers mois plusieurs unités de rechargement clandestin de bouteilles de gaz ont été démantelées dans les communes d’Abobo, et de Koumassi par les services du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME. A cette occasion, de nombreuses bouteilles de gaz B6 et B12 avaient été saisies. Ainsi que du matériel archaïque de transvasement. Mais les revendeurs clandestins persistent, et rien ne semble pouvoir les décourager. C’est pourquoi le ministère du Commerce et de l’Industrie est déterminé à mener cette fois des actions plus vigoureuses et sur la durée. Les dépôts qui ne respectent pas la réglementation relative à la commercialisation du gaz butane, et tous les sites clandestins et illégaux seront démantelés et fermés. Les contrevenants, quant à eux, encourent de lourdes sanctions.
- L’utilisation du gaz comme carburant dans les véhicules de transport en commun
Nous évoquons avec l’équipe sur le terrain une autre pratique illégale et dangereuse. C’est l’utilisation du gaz butane comme carburant dans les véhicules de transport en commun dans certaines zones et régions du pays, malgré la mesure d’interdiction qui la frappe. Les agents du ministère du Commerce reconnaissent cela mais nous renvoient sur ce point au ‘’ministère des Transports ‘’ et aux ‘’ forces de l’ordre ‘’.
En effet, des bouteilles B6 et B12 pour les ménages sont installées dans des véhicules et font le transvasement. Parfois au nez et à la barbe des autorités policières…Vers 14 heures ce vendredi 23 juin 2025, les membres de l’équipe quittent la zone du marché Bagnon pour une autre. Ils poursuivront ailleurs leur mission de traque des dépôts et acteurs qui ne respectent pas les mesures de sécurité en vigueur en Côte d’Ivoire dans le cadre de la commercialisation du gaz butane.
Maurice Konan KOUASSI













