@informateur.ci- L’Association des ressortissants de la région du nord pour le développement économique et social section Côte d’Ivoire (Adesnord-ci) est, si l’on peut dire, la nouvelle coqueluche de la communauté burkinabé en Côte d’Ivoire. Lancée le 12 avril 2025 à Abidjan lors d’une assemblée générale constitutive qui a porté à la tête de cette nouvelle structure, Salif Kiswensida Ouédraogo, président de la Fondation GECER LEDEA, une entité engagée dans les actions de bienfaisance depuis 2009, l’Adesnord-ci fait parler d’elle depuis lors.
Séminaire de formation de ses membres, lancement d’une collecte de fonds à travers une opération baptisée ‘’Bayiri Tandagré’’ afin de doter l’association de ressources financières, tournée auprès de quelques sages pour les rallier à la cause commune, installations de ses sections à Man, Duékoué, San-Pédro et Méagui, hommage et reconnaissance aux bâtisseurs de la Communauté burkinabé, remise d’importants dons en vivres aux populations à Abidjan comme à Ouahigouya, etc, l’Adesnord-ci a mené, en moins d’un an, une série d’activités dynamiques qui méritent d’être soulignées et saluées. Cela en dépit d’un contexte politico- diplomatique difficile entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.
La philosophie participative de l’Association et ses objectifs tournés vers le développement économique et social suscitent une adhésion bien réelle mais encore timide du fait du caractère régional, voire tribal de la structure. Bien qu’elle soit ouverte aux autres, la dénomination de l’association constitue une véritable barrière pour ceux qui ne sont pas des ressortissants du Nord du Burkina. Toutefois, il convient de reconnaitre en Salif Ouédraogo, un homme respectable, un leader inspirant.
Éviter que le ver n’entre dans le fruit, serait aussi éviter à cette forte communauté, numériquement parlant, d’avoir à revivre de manière répétitive des déceptions vis-à-vis de ses leaders. Bien souvent auto-proclamés!
Cela explique peut-être, en partie, le succès que connaît en ce moment l’Adesnord-ci. Cependant, cette dynamique associative au sein de la diaspora burkinabé en Côte d’Ivoire, faut-il le préciser, n’est pas nouvelle. Bien des structures qui ont animé, dans un passé lointain ou récent, la vie de la communauté burkinabé ont aussi connu plus ou moins du succès avant de sombrer dans des querelles intestines, des guerres de leadership ou, dans le meilleur des cas, faute d’une vision.
De ce qui précède, on peut dire que sur les épaules de Salif Kiswensida Ouédraogo repose l’espoir de réaliser la prouesse de pérenniser l’Adesnord-ci. S’il peut compter sur des leaders de sa communauté à l’intérieur du pays pour l’aider à y parvenir, toutefois, placer la même confiance en ceux d’Abidjan serait suicidaire. Une véritable gageure. Car bien de leaders qui gravitent autour de l’Adesnord-ci dans la capitale économique ivoirienne ont déjà montré à l’envi les limites de leur vision en matière d’association. En apparence, ce sont des sages, mais en réalité, ils pourraient devenir des handicaps.
Il est inutile de citer des noms pour ne pas personnaliser le sujet, mais on les a vus, hier, dans le Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNBCI), dans le Conseil des Opérateurs Économiques Burkinabè en Côte d’Ivoire (COEBCI), dans le Club des Amis de Blaise Compaoré (ABC), dans Faso Solidarité Côte d’Ivoire, dans l’Union des chefs et notables burkinabè de Côte d’Ivoire (UCNB-CI), etc. Des structures qu’on croyait pourvues de compétences à même d’apporter concrètement quelque chose à la communauté et qui ont fini soit par imploser, soit par tomber dans la léthargie, aux oubliettes.
Éviter que le ver n’entre dans le fruit, serait aussi éviter à cette forte communauté, numériquement parlant, d’avoir à revivre de manière répétitive des déceptions vis-à-vis de ses leaders. Bien souvent auto-proclamés!
Alexandre Lebel ILBOUDO













