@informateur- En quittant le FPI, le 09 août 2021, pour porter sur les fonts baptismaux, le Parti des peuples africains section (?) Côte d’Ivoire (PPA-CI), le 17 octobre de la même année, l’ancien président Laurent Gbagbo pensait avoir réussi le coup du siècle. Et pour cause, ses séides et autres aficionados qui ont pour lui les yeux de Chimène et qui acclament tout ce qu’il fait ou dit, ont vite fait de crier au génie de l’homme. Comme si, abandonner le parti qu’il a créé et avec lequel son nom mais aussi son histoire se confondent était en soi une prouesse. C’était plutôt une fuite en avant. Mais tels sont les partisans du Séplou national, ils sont incapables de discernement lorsqu’il s’agit de leur mentor à qui ils attribuent une infaillibilité qui défie la raison et le bon sens. Bref, pour eux, Laurent Gbagbo a les traits du Messie venu sauver la Côte d’Ivoire. Ne l’appellent-ils pas le « christ de Mama » ? A la vérité, c’est un homme qu’ils ont élevé au rang de démiurge et qu’ils ont paré de toutes les vertus. De sorte qu’en lui ne subsiste aucun mal, aucun péché. Un immaculé personnage qui a fini lui-même par se laisser prendre au jeu en se croyant irremplaçable et indispensable. C’est d’ailleurs ce qui explique, sans doute, pour partie, pourquoi, à près de 80 ans, il se croit encore obligé de « rechausser les crampons » pour descendre à nouveau dans la vallée à la recherche de sa gloire perdue. On peut le déplorer !
- Descendre à nouveau dans la vallée
D’autant que l’impression générale qui se dégage de sa désignation comme candidat à la prochaine élection présidentielle, c’est que le PPA-CI est un parti du passé, dépassé par les enjeux induits par l’évolution du monde. Autrement, ce parti aurait tiré des leçons de l’exemple du Pastef de Ousmane Sonko, au Sénégal, où ce dernier, pourtant très jeune et donc fondé à faire de sa candidature une condition indépassable de la survie de son parti, aurait refusé de passer la main à son second, Bassirou Diomaye Faye, pour défendre les couleurs du Parti des patriotes sénégalais pour le travail, l’éthique et la fraternité à la dernière Présidentielle sénégalaise. Bien lui en a pris, puisque celui-ci a raflé la mise au premier tour du scrutin. Cette heureuse occurrence aurait pu inspirer Laurent Gbagbo afin qu’il condescende à mettre en avant un cadre plus jeune que lui pour 2025. Las ! Cela aurait été trop lui demander. Au surplus, il est vrai qu’il veut faire croire que ce sont les militants du PPA-CI qui ont sollicité sa candidature mais, ces derniers ne lui ont quand même pas mis un pistolet sur la tempe en l’enjoignant d’accepter leur offre. Oh que non ! Dès lors, il avait toute la latitude de décliner poliment mais non moins fermement leur sollicitation.
- Il avait toute la latitude de décliner leur sollicitation
Quitte à s’engager à fond dans le soutien de celui qu’il aurait désigné pour être le porte-flambeau de son parti au prochain scrutin présidentiel. Mais ce n’est pas possible pour la bonne et simple raison que le Woody de Mama a toujours perçu les relations avec ses lieutenants et supporters comme des relations de sujétion, de maître à « sujets ». De sorte que dans son esprit, après lui, c’est le désert ou le déluge. Il se voit donc quasiment comme l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin de leur présumée lutte. C’est une perception qui pose la question de l’altérité, du rapport à l’autre, chez l’ancien chef de l’Etat. Puisqu’il conçoit difficilement de ne pas être en première ligne. C’est tout le sens de ses inimitiés avec Affi N’guessan à qui il a tenté de ravir la place de N°1 du FPI. Sans succès. Ce qui l’a conduit à créer le PPA-CI, un parti à sa botte et à sa dévotion.
- Un parti à sa botte
Toute chose qui amène l’observateur à se poser la question du devenir de cette formation dont le leader va allègrement vers la fin de sa carrière politique mais aussi de son parcours terrestre. Car, à 79 ans, il est évident qu’il a désormais tout son avenir derrière lui. Alors, comment peut-il encore porter les espoirs de tout un peuple ? Ce n’est pas la moindre des contradictions de cet homme qui refuse de quitter la scène alors que tout l’y invite. Tout ! Et son histoire, et son âge, et sa condition physique…Sans parler de la radiation de son nom de la liste électorale. Ça fait beaucoup de facteurs dirimants. Mais ne dit-on pas qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui refuse d’entendre ? On attend donc la suite de l’histoire…
Tassigny Auriol












