@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) ne présenteront certainement pas de candidats à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, en remplacement du Président Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam qui sont tous deux inéligibles car radiés de la liste électorale en raison des décisions de justice qui les ont déchus de leurs droits civiques. Les directions respectives de ces deux partis qui représentent les principales forces politiques de l’opposition n’acceptent pas l’idée de désigner des candidats de substitution pour remplacer leurs leaders frappés d’inéligibilité.
Au PPA-CI, Ahoua Don Mello qui se proposait comme une alternative en tant que ‘’ candidat de précaution ‘’ à la place du Président Laurent Gbagbo, a été chassé sans ménagement, du parti et proprement classé indésirable. Même scénario au PDCI-RDA où tous ceux qui proposent qu’un autre cadre du parti soit choisi pour suppléer Thiam sont systématiquement blâmés voire sanctionnés. C’est le cas de Jean-Louis Billon qui est devenu persona non grata au siège du PDCI-RDA, la Maison du Parti à Cocody, pour avoir osé offrir sa candidature en remplacement de Tidjane Thiam.
Il est donc clair que le PPA-CI et le PDCI-RDA ont fait le choix de la politique de la chaise vide à l’élection présidentielle qui se tiendra dans moins de deux mois. C’est ‘’ Thiam ou rien ’’. C’est ‘’ Gbagbo ou rien ‘’. Car l’égo et le statut de ces deux leaders ne sauraient, pour les directions de leurs partis, souffrir que d’autres cadres soient désignés pour les remplacer à une élection, qui plus est présidentielle. Il est hors de question pour le PPA-CI et le PDCI-RDA d’avoir l’humilité que cultiva, au Sénégal, le PASTEF où Bassirou Diomaye Faye fut désigné comme candidat à la présidentielle sénégalaise de 2024 en lieu et place d’Ousmane Sonko, le véritable leader de ce parti qui trouvait à ce moment-là frappé d’inéligibilité.
Comme Thiam et Gbagbo, aujourd’hui. Le choix du PASTEF s’est avéré payant puisque le parti a brillamment remporté l’élection présidentielle pour se hisser au pouvoir au Sénégal. Qui plus est, Ousmane Sonko a eu l’humilité d’accepter le poste de Premier ministre sous les ordres du Président Diomaye Faye qui, hier, militait sous sa conduite au PASTEF. Mais qui, au PPA-CI ou au PDCI-RDA, oserait commettre un crime de lèse-majesté ne serait qu’en envisageant simplement un cas de figure dans lequel le Président Laurent Gbagbo ou Tidjane Thiam accepteraient d’être les Premiers ministres de Don Mello ou de Jean-Louis Billon si par extraordinaire l’un de ces partis parvenait à reproduire en Côte d’Ivoire le scénario sénégalais réalisé par le PASTEF ? La réponse que l’on imagine aisément, est sans appel. Le sujet est tabou…
Quoi qu’il en soit, la conséquence immédiate du choix de la politique de la chaise vide pour le PPA-CI et le PDCI-RDA sera, le cas échéant, de les priver de la possibilité d’affronter le président Ouattara et les candidats d’autres partis à la présidentielle du 25 octobre 2025, et donc de la possibilité de reconquérir le pouvoir d’Etat dans les urnes au terme de ce scrutin. Les deux partis pourraient choisir la voix du boycott de la présidentielle, comme en 2020, avec toutes les conséquences…Mais ce qui fera date, c’est que le PPA-CI se priverait de sa première élection présidentielle après sa création.
Quant au PDCI-RDA, il se priverait de sa première élection présidentielle de l’après Bédié, surtout la première de l’ère Thiam. On peut dès lors se poser une question : y a-t-il pour les partis du Président Gbagbo et de Tidjane Thiam, du point de vue de la lutte pour la reconquête du pouvoir, un réel bénéfice à tirer du choix de la politique et du boycott de l’élection présidentielle ?
Maurice Konan KOUASSI












