@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel n’a pas validé les candidatures du président Laurent Gbagbo (PPA-CI), de Tidjane Thiam (PDCI-RDA et d’Affi Nguessan (FPI). Ces trois leaders, considérés comme ‘’ l’aile dure ‘’ de l’opposition, ne pourront pas défendre les couleurs de leurs partis politiques à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.
Un autre rendez-vous manqué, pourrait-on dire car, si l’acteur principal a changé au PDCI-RDA, et que le président Gbagbo n’est revenu de la CPI qu’en 2021 pour créer son nouveau parti, le PPA-CI, il faut tout de même rappeler que le président Henri Konan Bédié, le camp Gbagbo et Affi Nguessan avaient été au-devant du double mot d’ordre de boycott de l’élection présidentielle et de désobéissance civile en 2020. Lequel mot d’ordre avait conduit l’opposition à l’idée d’un Conseil National de Transition (CNT) et paralysé le pays. Et au regard des événements de 2020, on peut dire que la réputation de ‘’ l’opposition radicale ‘’ n’est pas usurpée.
Bref, le fait est que ce sont principalement Simone Gbagbo, Jean-Louis Billon et Ahoua Don Mello, considérés comme des ‘’ modérés ‘’, qui vont représenter l’opposition lors de la présidentielle.
En effet, ces trois leaders ne s’opposent pas avec véhémence, comme les autres, au quatrième éventuel mandat du président Ouattara et n’ont pas lancé de mot d’ordre de protestation. Qui plus est, au PPA-CI, Ahoua Don Mello n’est pas un ‘’ Gbagbo ou rien’’. Au contraire, il est vu par ses partisans comme la voix de la raison pour avoir proposé au PPA-CI une ‘’ candidature de précaution ‘’, la sienne. Une proposition qui a été systématiquement rejetée par la direction du parti dont il a été exclu, sans autre forme de procès.
La situation de Jean-Louis n’est pas différence au PDCI-RDA. Le natif de Dabakala n’est pas un ‘’ Thiam ou rien ‘’. Loin s’en faut, car il s’est proposé comme candidat du parti à la présidentielle du 25 octobre 2025 en remplacement de Tidjane Thiam qui a été déchu de ses droits civiques et radié de la liste électorale par une autre décision de justice qui le rend inéligible. Provoquant la colère des thiamistes et de la direction du parti qui a rejeté son offre et l’a déclaré persona non grata.
Quant à Simone Gbagbo, elle s’est aujourd’hui débarrassée, par son calme et le ton apaisé de son discours politique, de cette tunique de ‘’ Dame de fer ‘’ dont l’avait affublée ses détracteurs qui la présentaient comme un leader politique radical. Loin des bruits de la contestation et du refus du quatrième mandat du Chef de l’Etat candidat à sa propre succession, Simone Gbagbo – qui ne partage plus la même vision que son ancien époux – mène sa barque librement et prépare sereinement sa campagne électorale, avec ses partisans.
Tel est la configuration électorale dans laquelle, en l’absence des ‘’ radicaux ‘’, les ‘’ modérés ‘’ de l’opposition vont faire face au Président Ouattara, le candidat du RHDP, dans les urnes le 25 octobre prochain. A moins que le Conseil constitutionnel ne change d’avis, concernant les trois compagnons d’infortune que sont Gbagbo, Affi et Thiam…
Maurice Konan KOUASSI












