@informateur.ci- Le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, marche sur une corde raide. Pas sûr qu’il arrive au bout de la course, le 25 octobre 2025, date de la prochaine élection présidentielle. Puisque que tout est réuni pour qu’il se retrouve dans le vide. Entre ciel et terre. Et ce n’est rien de le dire.
C’est Laurent Gbagbo, grand phraseur devant l’Eternel, qui l’a dit et ça reste d’actualité. ‘’Devenir président de la République, ce n’est pas du jeu’’. Il aurait pu le dire au président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, qui se retrouve au cœur d’une histoire bien trop compliquée, qui pourrait contrarier ses ambitions présidentielles. Et pourtant, ce serait une lapalissade de dire qu’il rêve depuis bien longtemps au poste de président de la République. Pour preuve, dès que le président Bédié a passé l’arme à gauche, il n’a pas hésité, il s’est lancé dans la bataille pour assurer la succession de N’Zueba.
L’objectif étant de se mettre sur orbite pour la prochaine élection présidentielle, puisque le poste de président du vieux parti ouvre un boulevard sur la magistrature suprême, dans la mesure où, depuis que le PDCI-RDA existe, le premier responsable de ce parti en est naturellement le candidat à la plus haute fonction de l’Etat. Il est vrai qu’une convention est organisée pour adouber officiellement le porte-étendard de la formation doyenne mais, c’est juste une formalité qui se fait sans surprise. Cependant, pour Tidjane Thiam, devenu le président du parti depuis le 23 décembre 2023, on pourrait parler de victoire à la Pyrrhus. D’autant que l’objectif sous-jacent, c’est-à-dire, être le candidat du PDCI en octobre prochain, pourrait ne pas être au rendez-vous. Qu’on en juge.
C’est le 07 février 2025 que le successeur de Bédié a laissé entendre qu’il venait d’introduire son dossier auprès de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire pour se libérer de la nationalité française. Et pourtant, avant cette séquence, lui et ses lieutenants ou communicants ne manquaient aucune occasion pour rassurer les militants et sympathisants. ‘’Le président Thiam n’a aucun problème d’éligibilité’’, n’a eu de cesse de clamer et de proclamer ad libitum Bredoumy Soumaïla, porte-parole du PDCI. Et les autres, comme mus par le syndrome de merle, ont entonné la même antienne.
‘’Le président Thiam n’a aucun problème d’éligibilité’’, n’a eu de cesse de clamer et de proclamer ad libitum Bredoumy Soumaïla, porte-parole du PDCI. Et les autres, comme mus par le syndrome de merle, ont entonné la même antienne. Malheureusement, la réalité est tout autre.
Malheureusement, la réalité est tout autre. Puisque, justement, Tidjane Thiam a de gros ‘’problèmes d’éligibilité’’. Et pour cause. Non seulement, il a acquis la nationalité française alors qu’il était déjà majeur (en 1987, il avait 25 ans), mais jamais, avant son retour en Côte d’Ivoire, il n’a songé à se libérer de cette nationalité. Or, il aurait dû y songer depuis au moins deux ans. Ce qui lui aurait donné suffisamment de temps pour voir venir.
Mais, tel que les choses ont été engagées, le président du PDCI-RDA est ‘’grillé’’. De fait, selon l’article 48 du code électoral, relatif aux conditions d’éligibilité, ‘’un Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une autre nationalité perd automatiquement sa nationalité ivoirienne, sauf en cas de ‘’double nationalité subie’’ (obtenue dès la naissance par filiation)’’.
Ainsi, le président du PDCI-RDA qui a acquis la nationalité française en 1987, au moment où il avait 25 ans, n’est plus Ivoirien au terme de la loi depuis cette date. Il ne peut donc pas être candidat à la prochaine élection présidentielle. Cependant, il se trouve qu’il a introduit une demande de libération de cette nationalité. A supposer qu’il soit libéré, dans le temps, de cette nationalité devenue problématique pour ses ambitions politiques, encore devra-t-il attendre un décret du président de la République le réintégrant dans la nationalité ivoirienne. Ça fait beaucoup d’inconnues en même temps. Pourra-t-il y survivre ?
Parce qu’on voit mal le président du RHDP, candidat à sa propre succession, signer un décret pour réintégrer l’un de ses principaux adversaires dans la nationalité ivoirienne. Autant se tirer une balle dans le pied. C’est en cela que le président du PDCI-RDA, potentiel candidat du vieux parti au prochain scrutin présidentiel, devra s’en vouloir d’avoir lui-même compliqué sa situation en ne se décidant pas plus tôt à se libérer de la nationalité française. En clair, Tidjane Thiam a des soucis à se faire.
OM/Informateur.ci












