@informateur.ci- Investi le 10 mai 2024 en dépit de sa radiation de la liste électorale, ce qui l’empêche de se porter candidat en octobre 2025, l’ancien président Laurent Gbagbo a des soucis à se faire. Et c’est peu dire.
Soutenir que le sort du fondateur et inspirateur du PPA-CI, Laurent Gbagbo, se trouve entre les mains du président Alassane Ouattara serait un truisme. Puisque celui-ci a le pouvoir de l’amnistier, ce qui pourrait lui permettre d’être candidat à l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre prochain, mais aussi de ne rien faire, ce qui empêcherait l’ancien chef de l’Etat de prendre part à cette joute. Et comme on ne fait pas de passe à l’adversaire en politique, il n’est pas exclu que la seconde option soit retenue. C’est-à-dire, priver le Woody de Mama de cette élection qui sera pour lui la ‘’der des ders’’. Mais, comment ? Et c’est là que le président Alassane Ouattara pourrait surprendre son monde.
En attendant, il n’aura échappé à personne qu’il fait durer le suspense au-delà du raisonnable, alors que les uns et les autres languissent de le voir se prononcer sur sa candidature. Et pendant ce temps, les cadres RHDP multiplient les meetings à l’effet de l’appeler à être le porte-étendard de la coalition houphouétiste à cette échéance capitale. Mais, jusque-là, c’est comme si le chef de l’Etat n’entendait et ne voyait rien, se murant dans un silence assourdissant. De quoi faire douter ses ‘’aficionados’’ qui ne jurent pourtant que par lui, vantant ses mérites à qui mieux-mieux, convaincus qu’il ne pourra pas retoquer leur requête. Cependant, il est des signes qui ne trompent pas.
Commençons par le commencement. Ou procédons par déductions. De mai, le congrès du RHDP a été reporté aux 20 et 21 juin prochains. Ce report pourrait porter en germes l’indécision du président Ouattara par rapport à octobre 2025. Parce qu’il est constant que le RHDP a toujours respecté ses engagements calendaires. De sorte que l’ajournement de cet important congrès ne manque pas de susciter des questionnements. Que se passe-t-il ? Y aurait-il un souci ? De toute évidence, il y a quelque chose qui cloche. Comme si la candidature dite naturelle de l’ancien Dga du FMI à la prochaine élection présidentielle ne passait pas pour le concerné lui-même. Comme si lui-même, en était à se poser aussi des questions sur le ‘’pourquoi du comment’’.
Il est vrai qu’il a déjà fait savoir qu’il était ‘’toujours bon pour le service’’, mais, a-t-il toujours le cœur à l’ouvrage ? N’a-t-il pas déjà suffisamment fait pour faire entrer ce pays dans une nouvelle dimension ? Qu’a-t-il à prouver encore ? Et puis, le temps n’est-il pas arrivé, après 15 ans à la tête de l’Etat, de faire droit au renouvellement générationnel inscrit au cœur de la vie ? En d’autres termes, le président du RHDP pourrait vouloir passer la main. D’ailleurs, il n’a jamais fait mystère de sa volonté de passer le flambeau à la ‘’nouvelle génération’’. Il partageait déjà cette idée en 2018, lors de son traditionnel message à la nation, qui marque la célébration de l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté nationale. Il aura 83 piges en octobre 2025. Le bel âge pour prendre sa retraite. Il avait aussi déclaré en 2019, à Katiola, au cours d’un meeting, qu’il souhaitait que les présidents Bédié, Gbagbo et lui prennent leur retraite. Cependant, si l’un de ces ‘’elders’’ venaient à se porter candidats, il se verrait obligé de garder la main.
Mais, il se trouve que le président Bédié n’est plus de ce monde et que Laurent Gbagbo ne sera pas candidat en raison de sa radiation de la liste électorale. N’est-ce pas la nature qui parle à Alassane Ouattara ? Aussi, se retrouve-t-il seul en piste. Quel intérêt a-t-il à poursuivre la marche ? Dès lors, Laurent Gbagbo a des soucis à se faire. Parce qu’il est douteux qu’il soit réinscrit sur la liste électorale. Puisque Ouattara qui ne veut plus que ‘’les anciens barrent la route’’ à la ‘’nouvelle génération’’, pourrait envoyer son prédécesseur à la retraite, malgré lui. Puisqu’il l’a dit et redit, il ne voudrait pas que la Côte d’Ivoire retombe entre les mains de ceux qui ont déjà fait montre de leur incurie. Dans ces conditions, l’on voit mal comment il pourrait accepter que Laurent Gbagbo soit à nouveau candidat.
OM/Informateur.ci













