@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, comme à chaque année électorale depuis le début de la crise politico-armée qui a déchiré et endeuillé le pays pendant des décennies, le climat se tend et les positions se figent. Laissant à nouveau planer d’épais nuages sur le scrutin présidentiel prévu pour le 25 octobre 205. Comme toujours, tout se passe sous le regard des hommes de Dieu.
Mais que peuvent-ils bien faire pour arrêter le cycle des crises électorales sanglantes? S’impliquer davantage à œuvrer pour la paix? Et de quelle manière? D’où cette autre question qu’on se garde souvent de poser. Les hommes de Dieu doivent-ils faire de la politique ? La réponse qui nous est immédiatement et systématiquement donnée nous empêche d’aller plus loin. C’est non !
Les hommes de Dieu, dignitaires, chefs et guides religieux, représentants et responsables d’associations de culte, chefs de communautés religieuses, ne sauraient faire de la politique comme cela est communément compris, c’est-à-dire militer dans des organisations politiques ou donner leurs opinions politiques dans les lieux de culte face à leurs fidèles, encore moins les diffuser à l’attention du public. Ce qui nous amène à reformuler notre question. Les hommes de Dieux doivent-ils s’intéresser à la situation politique dans leur pays ? Là, une fenêtre s’ouvre peut-être pour tenter une réponse affirmative…En commençant par l’origine et la définition du mot ‘’politique ‘’.
Sans nous étaler, notons que l’étymologie du mot ‘’ politique ‘‘ remonte au terme grec ‘’ polis ‘’ qui signifie ‘’ cité-état ‘’ et ramène à la ‘’ gestion des affaires de la cité ‘’, en ce qui concerne la gouvernance et l’organisation sociale. Nous nous arrêterons là, bien qu’au fil des siècles, l’usage du mot se soit étendu aux actions et à l’idéologie associées à la conquête et à l’exercice du pouvoir, à la conduite du gouvernement, aux mouvements sociaux et aux opinions.
Comprise ainsi, la politique et ses conséquences sur la cité et sa population ne peuvent pas échapper au regard des hommes de Dieu qui sont eux-mêmes des membres éminents de la communauté concernée. Mieux, ils en sont des leaders dont l’opinion sur les affaires qui touchent à la communauté compte. De ce point de vu, s’il ne doit pas appartenir à une organisation et y militer encore moins professer une idéologie politique ou émettre et faire diffuser une opinion à caractère politique, l’homme de Dieu ne peut pas pour autant ignorer les questions qui touchent à la gestion de la cité à laquelle il appartient. Son devoir, dans un pays qui a connu des affrontements armés, est divin. Il doit avant tout œuvrer à enseigner l’amour, la tolérance, le pardon et la réconciliation des cœurs, sans lesquels la paix n’est pas possible. Tout en se gardant des prises de positions, voilées ou directes, pour tel ou tel camp politique, il doit plutôt enseigner les vertus du dialogue. Mais surtout, conformément à sa mission, il doit appeler les hommes politiques à agir dans la crainte de Dieu, en mettant en œuvre sa parole ses commandements. Quitte à les interpeller…dans le plus grand respect, si besoin est.
L’homme de Dieu est tenu de dire non à la propagation de la haine et à la violence. C’est ce que, fort heureusement les leaders religieux s’efforcent de faire en Côte d’Ivoire, depuis l’éclatement de la crise politico-armée. Le Forum national des confessions religieuses de Côte d’Ivoire (FNCRCI), créé il y a plus de 30 ans déjà, s’est engagé très top à prôner la paix dans un contexte de crise.
Aujourd’hui encore, les hommes de Dieu, conscients des tensions qui persistent, remplissent les lieux de culte et les ondes des médias de leur voix, pour appeler à l’apaisement du climat sociopolitique et électoral. Depuis plusieurs tribunes et cadres de concertation, ils exhortent à la tolérance et à la non-violence, pour que vienne enfin la paix, de façon définitive, en Côte d’Ivoire. C’est leur part de ‘’politique ‘’, c’est-à-dire œuvrer à la paix dans la cité, à la lumière des Saintes Paroles, pour le bien du peuple de Dieu. Ils ne peuvent et ne doivent, en aucun cas, ignorer les questions qui touchent à la gestion de la cité.
Maurice Konan KOUASSI











