@informateur- En décidant, 6 mois après son élection à la présidence de la République, de dissoudre l’Assemblée nationale, pour se donner les moyens de mettre en musique ses promesses de changement systémique, Bassirou Diomaye Faye savait bien qu’il prenait un pari fou.
Elu le 24 mars 2024, à une confortable majorité au premier tour de l’élection présidentielle face au candidat de l’ex-majorité présidentielle Amadou Ba, le N°2 du Pastef, Bassirou Diomaye Faye a vite été mis devant l’évidence : il ne pouvait pas implémenter ses promesses de campagne, puisque l’Assemblée nationale était dominée par les députés fidèles à l’ancienne majorité présidentielle qui freinaient des quatre fers face à la volonté de changement exprimée ouvertement par le couple pastefien Faye-Sonko décidé à nettoyer les écuries d’Augias et à faire place nette pour instaurer un nouvel ordre. C’était une situation totalement inacceptable pour le successeur de Macky Sall qui se voyait ainsi contrarié dans son désir de changement systémique pour que vienne au jour un Sénégal nouveau débarrassé de maintes pesanteurs, notamment, la corruption identifiée comme un défi majeur par la nouvelle équipe dirigeante. C’est pourquoi, le 12 septembre 2024, après quelques atermoiements, Diomaye Faye a pris la lourde décision de dissoudre l’Assemblée nationale.
- La corruption identifiée comme un défi majeur
Dans une allocution télévisée, il a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. Il a également fixé la date des élections législatives anticipées. « En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par l’article 87 de la Constitution, et après avoir consulté le Conseil constitutionnel sur la bonne date, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, sur l’opportunité, je dissous l’Assemblée nationale. La date des élections législatives est ainsi fixée au dimanche 17 novembre 2024« , a annoncé le président Diomaye Faye. L’objectif étant de se payer un Cénacle aux couleurs du Pastef, condition indépassable de sa liberté à la tête de l’Exécutif. C’était un pari fou. D’autant que contrairement à la Présidentielle à laquelle il avait bénéficié du soutien de nombreux partis de l’ancienne opposition, Diomaye Faye a décidé, cette fois, de se délester de tous ses alliés pour aller seul à la conquête des électeurs. Avec un Ousmane Sonko libre et en première ligne.
- Macky Sall s’est jeté dans la bataille
En face on a la coalition Takku Wallu de l’ancien président Macky Sall, tête de liste démissionnaire de son nouveau poste-point de chute du Pacte de Paris pour la planète et les peuples où l’avait casé le président français Emmanuel Macron, qui s’est jeté dans la bataille pour le contrôle de la Chambre basse. C’est dire si la lutte était âpre. C’était surtout un sacré et audacieux pari pour le nouveau président et son Premier ministre. Mais, au terme de ces Législatives anticipées qui se sont déroulées le dimanche 17 novembre, le Pastef a fait mieux que se défendre, il s’est taillé la part du lion, avec 131 ou 132 sièges (les résultats officiels sont attendus) sur 165. Soit plus de 80%. Alors que la majorité absolue est de 83 sièges.
Devant le président Diomaye Faye se dresse désormais un boulevard jusqu’en 2029 qui va marquer le terme de cette mandature. Heureuses perspectives pour le nouveau régime qui aura les coudées franches pour tenir ses promesses de renouveau qui lui ont ouvert les portes de l’Exécutif. Mais, on peut le dire, c’est maintenant que commence le plus dur pour le couple Faye-Sonko qui a donné tant d’espoir aux Sénégalais !
OM/Informateur.ci












