@informateur.ci- Le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam ont signé un accord, le 19 juin 2025, pour la création d’un présumé ‘’Front commun’’ avant la prochaine élection présidentielle dont les deux hommes sont exclus pour diverses raisons. Cependant, on notera de troublantes similitudes entre ces deux nouveaux alliés.
Si Gbagbo et Thiam semblent aujourd’hui être devenus les ‘’meilleurs amis’’ du monde, avec à la clé, une plateforme collaborative qui aurait pu paraitre improbable naguère, il n’empêche, l’ancien chef de l’Etat ne sacquait guère l’ex-patron de Crédit suisse. En cause, les révélations de celui-ci en lien avec le soutien financier qu’il aurait apporté à Laurent Gbagbo au moment où ce dernier était encore dans les liens de la détention à La Haye, précisément, à la prison de Scheveningen.
L’ancien prisonnier de la CPI qui a modérément apprécié cette sortie aurait mis son supposé bienfaiteur sur ‘’liste noire’’. En ce temps-là, personne n’aurait pu parier un rond sur une future collaboration ou partenariat entre les deux. Mais, depuis le jeudi 19 juin 2025, le PPA-CI de Gbagbo et le PDCI-RDA de Thiam ont conclu une alliance dénommée ‘’Front commun’’ afin de mutualiser leurs intelligences et leurs forces aux fins de trouver solution aux difficultés qu’ils ont en partage et qui se résument, pour l’essentiel, à leur radiation de la liste électorale. Ce qui les empêche de prendre part au prochain scrutin présidentiel.
- Analysons la posture des deux hommes
Or, ils entendent tous les deux être dans les starting-blocks le samedi 25 octobre prochain, tout en étant convaincus, l’un et l’autre, de rafler la mise. Ce faisant, analysons plus avant la posture de ces deux alliés qui se rejoignent sur bien de points. A la vérité, le ‘’Front commun’’ qu’ils ont mis en place se lisait en filigrane dans leurs approches respectives. Ils ne pouvaient donc que se mettre ensemble, ne serait-ce que pour la photo. Qui se ressemble s’assemble, dit-on.
Même si, à première vue, Gbagbo et Thiam ne semblent pas avoir d’atomes crochus, une étude plus poussée de leurs comportements permet de voir au-delà de l’écume pour appréhender la réalité dans sa nudité. On voit alors qu’ils ne sont pas si différents que ça. Puisque les deux ont en commun un certain mépris des règles établies.
Autrement, comment expliquer qu’ils se fassent investir par leurs partis respectifs alors qu’ils ont des problèmes d’éligibilité? On notera aussi qu’ils ont un égo surdimensionné qui les pousse à ne voir que leurs intérêts aux dépens de ceux du groupe. D’où ce refus obstiné d’un plan B aussi bien du côté de Gbagbo que de celui de Thiam.
- Ils se font passer pour des victimes
Ce sont également deux grands manipulateurs. Pour preuve, ils se font passer pour des victimes qui n’auraient commis aucune faute. D’un, Gbagbo ne se reconnait pas dans le casse de la Bceao qui a conduit à sa condamnation. Bien évidemment, puisqu’il ne reconnait toujours pas sa défaite à la présidentielle de 2010. Or, aussi bien l’Union africaine que le reste de la communauté internationale l’ont donné perdant. Ainsi donc, alors qu’il n’était plus en capacité de le faire, puisqu’il avait perdu le scrutin, Laurent Gbagbo a réquisitionné les banques, notamment, la Bceao dont les caisses ont été vidées. Mais, Gbagbo ne continue pas moins de clamer son ‘’innocence’’.
De deux, Thiam fait croire que l’on lui dénie la nationalité ivoirienne, lui, le petit-neveu du père de la Nation. Alors qu’il n’en est rien. La justice qui a ordonné sa radiation de la liste électorale, le 22 avril 2025, lui reproche plutôt de s’être fait inscrire sur ladite liste, le 24 février 2022, alors qu’il était de nationalité française. Il n’avait donc pas le droit d’y être. C’est tout.
Ousmane MODIBO












