@informateur- La démission du sélectionneur français, Jean Louis Gasset, a mis son adjoint, l’Ivoirien Emerse Faé sous les feux des projecteurs. Ce dernier est donc désormais le head-coach des Eléphants de Côte d’Ivoire. Mais, aura-t-il les coudées franches pour mener à bien sa mission ? C’est toute la question.
En réussissant son baptême du feu contre l’équipe nationale du Sénégal, le lundi 29 janvier 2024, le technicien ivoirien, Emerse Faé, a déjoué tous les pronostics et se positionne comme l’homme de la situation pour diriger l’encadrement technique des Eléphants qui étaient à la rue, au terme du premier tour de la 34è édition de la CAN. Ainsi, si les Lions de l’Atlas ont permis à la sélection nationale de Côte d’Ivoire de revenir dans la compétition au titre de 4è meilleur 3è de ce tournoi, il faut dire que le remplaçant de Jean Louis Gasset a permis à celle-ci d’y croire encore et de se projeter dans cette compétition. De fait, alors que personne ne croyait les Eléphants capables de battre une équipe du Sénégal archi favorite en raison de ses prestations pro max en matches de poules, le miracle va se produire. Grâce au coaching gagnant de l’adjoint de Gasset, démissionnaire après la déculottée infligée aux Pachydermes ivoiriens par le Nzalang Nacional de Guinée Équatoriale (0-4). Faé a donc réussi là où personne ne l’attendait. Un vrai exploit qui lui ouvre la porte de la sélection nationale.
Mais, qui est donc Emerse Faé ? Agé de 40 ans, le nouvel entraîneur des Eléphants a connu une honorable carrière de joueur en Ligue 1 et s’est imposé comme ‘’un homme de terrain’’ en tant que coach. Et bien qu’il débute à ce poste, celui qui côtoie son groupe depuis un an et demi a laissé entendre avant son match test contre les Lions de la Teranga qu’il espère ‘’montrer un autre visage au peuple ivoirien’’ lundi 29 janvier face au Sénégal. Puis, il est revenu sur la qualification de sa nation obtenue à l’arrachée. ‘’Cette résurrection, (…) elle vient vraiment de loin. C’est une deuxième chance que Dieu nous donne, on n’a pas le droit de ne pas la jouer à fond’’. Le jeune technicien est aussi revenu sur les deux jours-23 et 24 janvier- ‘’très difficiles sur les plan émotionnel et mental’’ qu’a traversés son groupe avant de savoir qu’il était qualifié parmi les meilleurs troisièmes des poules. Eh bien, le lundi 29 janvier, le miracle s’est produit, les Eléphants sont venus à bout des Lions de la Teranga au terme de la fatidique séance des tirs au but (5-4). Pour Faé, les choses ne pouvaient pas mieux débuter. Cependant, il y a encore des appréhensions, des incertitudes qu’il faut dissiper. Alors, autant le dire tout de go, ce jeune technicien aura-t-il les coudées franches ? Pourra-t-il travailler comme il l’entend ?
- Le successeur de Gasset pourra-t-il être confirmé ?
L’autre question que l’on se pose tombe sous le sens : Faé pourra-t-il être confirmé en tant que head-coach des Eléphants ? Voici ce que dit un consultant qui donne sa position. ‘’Voici ce qui avait été dit concernant Faé au moment de sa cooptation. Pour le poste d’adjoint, il faut un technicien ivoirien. Et c’est Faé qui a été retenu. Le président Idriss a dit que Faé apprenait auprès de Gasset pendant une certaine période pour que, in fine, il puisse prendre l’encadrement technique de l’équipe nationale. C’est pourquoi, il a lui avait confié les U23 pour qu’il puisse se faire la main. Logiquement, il se préparait donc à être le remplaçant de Gasset. Et puis, il y a eu ce qu’on sait, ce qui l’a propulsé aux avants postes. Je pense donc que s’il va au bout de sa mission et qu’il donne satisfaction, il n’y a pas de raisons qu’il ne soit pas confirmé’’, a-t-il estimé. Avant de préciser sa pensée. ‘’Déjà face au Sénégal, on a vu la qualité de son management. Même ses remplacements étaient judicieux. Quelqu’un ne peut pas faire un tel travail et après être remercié. Ce serait sous quel motif ? Regardons donc, observons avant de nous prononcer. Il a battu le Sénégal, on a le Mali ce samedi, s’il réussit à passer le cap malien, je pense qu’il aura montré qu’on peut lui faire confiance. Il était dans l’antichambre où on le préparait pour qu’il devienne le N°1 et par la force des choses, il est mis à la lumière, ça va de soi qu’il garde l’encadrement technique de l’équipe. De plus, personne ne le croyait capable de battre les Lions de la Teranga mais, il a déjoué les pronostics. C’est à son honneur’’, a fait savoir l’expert.
- Faé ne veut pas passer pour un ‘’béni-oui-oui’’
Quant au nouveau sélectionneur des Eléphants, il ne veut pas passer pour un ‘’béni-oui-oui’’. J’avais mon mot à dire sous l’ancien coach. C’est comme aujourd’hui, j’ai Guy, Felix et Alain Gouamené à mes côtés. On discute, on donne chacun notre avis. Et à la fin, c’est moi qui décide. Et c’est exactement ce qui se passait avec Jean Louis. Je donnais mon avis et à la fin, c’est lui qui décidait’’, rappelle-t-il.
Pour le reste, il faut souhaiter que l’on le laisse travailler. Il a déjà montré qu’il n’a pas peur de la mission qui lui a été confiée. Il faudra donc le laisser aller jusqu’au bout. Et après, il pourra être jugé sur pièce. Mais pas avant. C’est un minimum. Cependant, on peut avoir des craintes lorsqu’on sait qu’une certaine pratique semble avoir la peau dure à la FIF où les responsables sont accusés d’interférer dans le travail du sélectionneur national à qui sont souvent imposés des choix qu’il est tenu de respecter. Ainsi, des joueurs qui ne font pas toujours l’unanimité sur leurs qualités sont sélectionnés au détriment d’autres plus performants. Vrai ou faux, toujours est-il que Faé ne devrait pas être soumis à cette pratique. Il a prouvé contre le Sénégal qu’il a du coffre. Il faut continuer à lui faire confiance. Il ne peut faire pire que Gasset. C’est une évidence.
Ousmane MODIBO












