@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, si une grande partie de l’opinion demande à ce que les décisions judiciaires à l’origine de l’inéligibilité du président Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam soient levées par une mesure politique d’apaisement, personne ne doute cependant que le PPA-CI de Gbagbo et le PDCI-RDA de Thiam choisiront probablement la voie du boycott pur et simple de l’élection présidentielle d’octobre 2025, au cas où leurs candidats n’obtiennent pas le droit de se présenter à ce scrutin.
En effet, bien qu’au niveau de la base de ces deux grands partis politiques les avis sont partagés, en ce qui concerne la haute direction, le ton n’est pas à la désignation de candidats de substitution pour suppléer le président Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam au cas où leur disqualification pour la présidentielle prochaine s’avérait définitive.
Au PPA-CI, le discours est clair. Le parti reste optimiste quant à la résolution politique du dossier Gbagbo et on reste convaincu qu’il prendra part à la présidentielle qui se tiendra dans moins de quatre mois. C’est pourquoi au PPA-CI, ‘’ Il n’y pas de plan B pour le choix du candidat du parti, C’est le président Gbagbo, le seul et unique candidat du PPA-CI pour l’élection présidentielle d’octobre 2025 ‘’. Mieux, ‘’ Le Plan A, le Plan B, le Plan C…le plan Z, c’est Gbagbo ‘’. Voilà qui est tranché.
Le PPA-CI ne choisira pas une personne autre que le Woody de Mama comme candidat. Et les implications de ce discours se comprennent aisément. Le parti ne participera sans aucun doute pas à une élection présidentielle à laquelle son président et candidat n’a pas la possibilité de se présenter.
Le PPA-CI ne choisira pas une personne autre que le Woody de Mama comme candidat. Et les implications de ce discours se comprennent aisément. Le parti ne participera sans aucun doute pas à une élection présidentielle à laquelle son président et candidat n’a pas la possibilité de se présenter.
En 2015 et en 2020, le parti de Laurent Gbagbo a proprement boycotté les scrutins présidentiels qui se sont tenus alors que celui-ci était encore incarcéré à la Cour Pénale internationale (CPI). La présidentielle d’octobre 2025 doit donc marquer son grand retour sur la scène politique et électorale en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi la direction de son parti et ses militants et partisans, qui sont connus pour le respect scrupuleux des consignes et des mots d’ordre, accepteraient difficilement qu’il soit privé, pour des ‘’ raisons politiques ‘’ de la possibilité de prendre part à cette importante échéance électorale.
Pour ce qui est de Tidjane Thiam, le ton du discours au PDCI-RDA, s’il est plus subtil, n’est pas vraiment différent. Lors de sa conférence de presse du 26 juin 2025, Brédoumy Soumaïla, le porte-parole du PDCI, a dénoncé ‘’ les manœuvres destinées à écarter le leaders de l’opposition ‘’ de la course à la présidence. Mieux, la haute direction du PDCI-RDA a ‘’ interdit formellement ‘’ à tout militant du parti d’apporter son parrainage à un candidat autre que Tidjane Thiam. Ce qui signifie que le vieux Parti ne désignera pas un candidat de substitution pour remplacer celui-ci. ‘’ C’est Thiam ou rien ‘’, lancent certains, convaincus qu’une mesure politique de dernière minute interviendra pour régler le cas de ce dernier qui pourrait alors briguer la magistrature suprême en Côte d’Ivoire.
Mais si ce n’était pas le cas, on ne voit vraiment pas ce que les militants de ce parti, habitués à s’en tenir strictement aux consignes et aux mots d’ordre de la direction, iraient faire dans les urnes le 31 octobre 2025, en l’absence de leur candidat. Et il est peu probable que les cadres du parti qui se sont déclarés candidats pour aller en indépendants puissent atteindre facilement le niveau de parrainage demandé, encore moins avoir le soutien de la direction.
Aussi, si la disqualification de Thiam était maintenue, ne resterait-il plus au PDCI-RDA que l’option du boycott, comme en 2020, pour dénoncer l’exclusion de son candidat. Assurément, au PDCI-RDA et au PPACI, il ne faut pas se le cacher, le spectre du boycott de l’élection présidentielle se dessine…
Maurice Konan KOUASSI












