@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, alors que les candidats de l’opposition en situation d’inéligibilité suite à des décisions de justice et ceux dont les candidatures ont été rejetées par la Cour constitutionnelle protestent par des déclarations, des motions, des manifestations ou des recours en contentieux, les candidats retenus préparent leur campagne électorale, avec optimisme.
Les états-majors de campagne sont déjà en ébullition. Les cadres et militants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) sont convaincus que leur champion, le Président Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession pour un quatrième mandat, est ‘’en route pour une victoire écrasante et éclatante ‘’.
Simone Gbagbo, elle, se voit déjà comme la première femme dans le fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire. ‘’ Bientôt, vous m’appellerai Madame la Présidente ‘’, clame-t-elle tout sourire, annonçant la couleur. Jean-Louis Billon, dont le staff de campagne s’active, continue d’appeler les militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-
Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) à oublier un moment l’épisode Tidjane Thiam et à lui faire confiance en lui apportant leurs voix, pour permettre au parti septuagénaire de reconquérir le pouvoir au soir du 25 octobre 2025. Dans les différents camps des autres candidats retenus, c’est le même décor de précampagne.
Au sein de l’opposition, c’est plutôt l’envers du décor, sur lequel plane un air de boycott…Le seul candidat de l’opposition qui, bien qu’écarté fait contre mauvaise fortune bon cœur, est Charles Blé Goudé. Lui, n’envisage nullement de boycotter l’élection présidentielle.
Au contraire, bien qu’inéligible suite à une décision de justice, Gbapê se prépare à donner ‘’ une consigne de vote ‘’ aux militants de son parti, le COJEP. En faveur de qui ? Faut-il le souligner, jamais en Côte d’Ivoire la saignée n’aura été aussi importante en termes de candidats de poids de l’opposition évincés de la course à la présidence par des décisions des juridictions compétentes, que pour l’élection du 25 octobre 2025.
En effet, il faut remonter à la candidature invalidée en 2000 par la Cour suprême de l’ancien Premier ministre aujourd’hui Président de la République, Alassane Ouattara, pour voir le premier candidat de taille de l’opposition être mis hors course à l’élection présidentielle, avec toutes les péripéties qui s’en sont suivies. Certes dans un contexte de crise, des grandes figures comme les Présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ont été absents des urnes à des scrutins présidentiels. Mais ils l’avaient été pour des raisons d’indisponibilité (détention de Gbagbo à la CPI), de choix tactique (désistement de Bédié au profit de Ouattara en 2015) et le plus souvent de boycott des élections. Et non suite au rejet de leurs candidatures par des décisions des juridictions compétentes.
On peut dire que l’histoire rattrape la classe politique ivoirienne, car les plus grands de l’opposition se retrouvent en 2025, dans la situation qu’Alassane Ouattara, alors opposant, a vécu de 2000-2005, avant d’être réhabilité par un accord politique. Puisse la Côte d’Ivoire sortir des crises électorales à répétition, par le Dialogue.
Maurice Konan KOUASSI












