@informateur- Le Mali, le Burkina et le Niger, membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ne font plus partie de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) depuis le 28 janvier 2024. Une décision qu’ils ont brandie comme la preuve de leur souveraineté et de leur volonté de s’affranchir de la tutelle de l’ancienne puissance coloniale.
Le mardi 27 février 2024, Jean-Marie Traoré, ministre burkinabé des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, a rencontré les chefs de missions diplomatiques et Postes consulaires accrédités au Burkina Faso pour les rassurer de la volonté de son pays et de celle des autres membres de l’AES de continuer à respecter les engagements qui les lient à la CEDEAO. «Le Burkina Faso, le Mali et le Niger respecteront les principes et les engagements qu’ils ont avec les autres Etats de la CEDEAO», a soutenu en substance le ministre.
En clair, après leur désapparentement, les 3 Etats veulent continuer à bénéficier des avantages et prérogatives induits par le statut de membre de cette organisation. A savoir, la libre circulation des personnes et des biens, l’absence de visa carte etc. Or, leur désengagement entraine ipso facto la suppression de tous les avantages conférés par le statut de pays membre.
Dans le meilleur des cas, au terme de la période de carence (1an) à laquelle ils sont astreints du fait de la dénonciation de l’accord qui les liait à la CEDEAO, les 3 États de l’Alliance devraient songer à signer de nouveaux accords avec l’organisation. C’est une question de logique. Autrement, l’AES ne peut être en dehors de la Communauté tout en jouissant des mêmes avantages et prérogatives que les États membres. Ce serait une incongruité.
En conséquence, les autorités du Mali, du Burkina et du Niger sont appelées à faire montre de plus de responsabilité en mettant leurs actes en cohérence avec les discours populistes auxquels ils ont habitué leurs peuples.
En tout état de cause, la dernière décision d’Assimi Goita et ses amis est la preuve de la fragilité de leurs régimes respectifs, incapables d’assurer, sans aide extérieure, les missions (régaliennes) qui sont les leurs. On peut le déplorer.
Ousmane MODIBO












