@informateur.ci- Lors de la cérémonie des vœux aux armées, ce jeudi, sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), Emmanuel Macron a livré un discours marqué par les tensions internationales croissantes, en particulier autour de l’Ukraine et du Groenland. Face aux déclarations répétées de Donald Trump, qui affirme convoiter l’île arctique « par tous les moyens», le président français a tenu à rappeler fermement la position européenne : «Le Groenland appartient à l’Union européenne».
Dans un contexte de remise en cause de l’équilibre géopolitique mondial, Emmanuel Macron a alerté sur les risques majeurs que ferait peser toute atteinte à la souveraineté d’un pays allié. « Si la souveraineté d’un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites», a-t-il averti, soulignant la fragilité de l’Alliance transatlantique face à des ambitions unilatérales.
Qualifiant le Groenland de « territoire autonome du Royaume du Danemark », le chef de l’État a insisté sur la responsabilité particulière de l’Europe. Selon lui, ce territoire relève non seulement de l’Union européenne, mais aussi de l’OTAN, ce qui impose une vigilance accrue. «L’Europe est bousculée dans certaines de ses certitudes », a-t-il reconnu, estimant que le continent fait désormais face à des « compétiteurs qu’il ne pensait pas voir».
Sur le plan militaire, Emmanuel Macron a annoncé un renforcement du dispositif français déjà engagé au Groenland. Alors qu’une quinzaine de soldats français sont actuellement déployés à Nuuk dans le cadre d’une mission européenne de reconnaissance, cette présence sera prochainement appuyée « par des moyens terrestres, aériens et maritimes ». Cette mission, menée aux côtés de la Suède, de l’Allemagne et de la Norvège, s’inscrit dans l’exercice danois « Arctic Endurance », organisé avec des alliés de l’OTAN.
Au-delà du Groenland, le président français a dressé un constat plus large sur l’état du monde. «Nous sommes dans un monde où des puissances de déstabilisation se sont réveillées », a-t-il déclaré, appelant les armées et l’industrie de défense à s’adapter rapidement. Il a exhorté à « produire plus vite, en volume », en misant sur des systèmes plus légers et innovants, afin de faire face à une « compétition féroce ».
De son côté, Donald Trump justifie ses visées sur le Groenland par son importance stratégique et la richesse de son sous-sol, estimant que l’île est vitale pour la sécurité américaine afin de contrer l’influence russe ou chinoise. Des déclarations que Paris assure ne « pas sous-estimer », tout en réaffirmant la nécessité du respect de la souveraineté européenne.
Yannick KOBO












