@informateur.ci- La France s’est installée et reste dans une instabilité gouvernementale depuis les élections législatives (initialement prévues pour 2027) anticipées de 2024 qui ont eu lieu les 29 et 30 juin pour le premier tour et les 6 et 7 juillet pour le second tour, en vue d’élire les 577 députés siégeant au Parlement français.
Comme frappés par une sorte de malédiction du siège éjectable, les Premiers ministres et leurs gouvernements se suivent et tombent comme des fruits mûrs devant le Parlement, provoquant des périodes de vacance de locataires à Matignon et des vides gouvernementaux plus ou moins prolongés. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, le gouvernement de Gabriel Attal restera démissionnaire et seulement en charge des affaires courantes pendant 67 jours.
Puis vint Michel Barnier qui tombera en 91 jours. En effet, Barnier, nommé le 21 septembre 2024, est vite culbuté par une motion de censure déposée contre lui à l’Assemblée en décembre 2024.
Faut-il le rappeler, le Premier ministre Michel Barnier et son gouvernement sont tombés devant l’Assemblée nationale qui a adopté, le mercredi 4 décembre 2024, la motion de censure déposée par le Nouveau Front populaire (NFP), à la suite de désaccord avec Macron sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le texte, voté par 331 députés, soit 43 de plus que la majorité absolue de 288 voix requise pour son adoption, a contraint Barnier à la démission.
Laissant la place à François Bayrou nommé Premier ministre le vendredi 13 décembre 2024. Il faudra attendre le 23 décembre 2025, soit dix jours de vide gouvernemental, avant que celui-ci n’annonce la formation de son gouvernement. Hélas, Bayrou va à son tour mordre la poussière le lundi 8 septembre 2025, à la suite du rejet d’un vote de confiance au Parlement.
En effet, le Premier ministre n’a pas réussi à convaincre l’Assemblée Nationale qui a décidé de ne pas accorder sa confiance au gouvernement pour présenter et défendre jusqu’au bout son budget et ses mesures controversées, avec 364 voix contre et seulement 194 voix pour. La raison de cette situation est que le scrutin parlementaire anticipé qui a fait suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président Emmanuel Macron, a entraîné une fragilité parlementaire pour le camp présidentiel qui ne dispose pas d’une majorité suffisante (absolue) à l’Assemblée nationale pour faire passer ses lois devant le Parlement, dans un contexte où ce sont des majorités relatives fragmentées entre plusieurs partis, coalitions et blocs qui y sont représentées.
En effet, le Nouveau Front populaire (NFP) qui regroupe les Socialiste et plusieurs partis de Gauche arrive en tête avec 180 sièges. Le camp présidentiel, avec Ensemble et ses alliés, se retrouve en deuxième position avec 163 sièges, devant le Rassemblement National (RN) et ses alliés de l’Extrême droite classés en troisième position avec 143 sièges.
Enfin, les Républicains et Divers Droite ferment la marche avec 66 sièges dans la nouvelle Assemblée nationale française. En France, avec 577 au Parlement, pour qu’un parti obtienne la majorité absolue, il faut qu’il réunisse 289 sièges.
Quand aucune formation politique ou coalition atteint ce nombre, on se retrouve dans une configuration de majorité relative. Or, en France, un gouvernement en situation de majorité relative est exposé à la moindre motion de censure de l’opposition ou même de ses alliés lorsque ceux-ci se retournent contre lui, ce qui contraint le Premier ministre et son équipe à démissionner. C’est là le talon d’Achille des Premiers ministres et des gouvernements du camp macroniste qui tombent facilement, faute d’une majorité absolue.
En 2024, ce sont quatre (4) Premier ministres qui se sont succédé à Matignon : Elisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier et François Bayrou. Qui sera le prochain sur la liste?
Maurice Konan KOUASSI












