@informateur.ci- Les États-Unis se retrouvent à nouveau paralysés par un « shutdown » budgétaire, faute d’accord entre républicains et démocrates au Congrès. Depuis mercredi 1er octobre, une partie de l’administration fédérale est à l’arrêt, plongeant le pays dans une impasse politique aux lourdes conséquences économiques et sociales.
Le président américain Donald Trump a immédiatement réagi en accusant l’opposition démocrate d’être responsable de cette paralysie. « Les démocrates veulent tout fermer, pas nous », a-t-il affirmé mardi, tout en laissant planer la menace d’utiliser la situation pour accélérer le limogeage de milliers de fonctionnaires fédéraux.
Selon lui, « beaucoup de bonnes choses peuvent ressortir des shutdowns », évoquant la possibilité d’alléger l’administration de « charges inutiles ». De leur côté, les démocrates dénoncent un manque total de volonté de négocier de la part de l’exécutif. Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, a pointé du doigt « l’orgueil » de Donald Trump, tout en rappelant les difficultés quotidiennes des Américains confrontés à la hausse du coût de la vie : énergie, alimentation, santé.
Pour eux, le blocage budgétaire résulte avant tout des coupes massives dans les dépenses sociales imposées par l’administration républicaine. Le précédent shutdown le plus long, remonte à la présidence Trump, entre décembre 2018 et janvier 2019, avec un record de 35 jours d’arrêt partiel des services publics. Cette nouvelle paralysie, dont la durée reste incertaine, risque d’entraîner des conséquences économiques non négligeables.
Selon le Bureau budgétaire du Congrès, environ 750 000 fonctionnaires seront mis en chômage technique chaque jour. Le trafic aérien, les aides sociales et le fonctionnement des parcs nationaux devraient être perturbés, privant notamment des millions de touristes de la traditionnelle saison d’automne.
Les analystes financiers estiment qu’une semaine de shutdown pourrait réduire la croissance du PIB américain de 0,2 point. Pourtant, les marchés financiers ne semblent pas alarmés : le Dow Jones a même atteint un nouveau record mardi soir.
Au Congrès, la bataille reste totale. Les républicains, bien qu’en majorité dans les deux chambres, doivent obtenir l’appui d’au moins sept sénateurs démocrates pour faire adopter un texte budgétaire au Sénat. Ils proposent une extension temporaire du budget actuel jusqu’à fin novembre. Mais les démocrates réclament en échange le rétablissement de plusieurs centaines de milliards de dollars dans la santé, notamment dans l’assurance « Obamacare », supprimés par l’administration Trump.
En mars dernier déjà, la menace d’un shutdown avait été évitée de justesse après un vote contraint de plusieurs démocrates, suscitant la colère de leur base. Cette fois, le compromis paraît encore plus difficile, laissant planer l’incertitude sur la durée de cette nouvelle crise institutionnelle.
Yannick KOBO












