@informateur.ci- Le ministère public a requis, vendredi 22 août 2025, la peine de mort contre l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, jugé par contumace pour «crimes de guerre», «trahison» et «organisation d’un mouvement insurrectionnel». L’ancien chef d’État, exilé à l’étranger depuis plus de deux ans, est accusé de complicité avec le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, qui contrôle une partie de l’Est du pays.
Le général Lucien René Likulia, représentant du parquet, a également demandé à la Haute Cour militaire de condamner Joseph Kabila à vingt ans de prison pour « apologie de crimes de guerre » et quinze ans pour « complot ». Selon l’accusation, l’ex-dirigeant aurait noué des alliances politiques et militaires avec le M23 et contribué à l’essor de l’Alliance fleuve Congo (AFC), sa branche politique.
L’ancien président est notamment poursuivi pour des crimes commis par la coalition AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu : homicides, viols et déplacements forcés de populations. Pour le ministère public, Kabila aurait agi «en intelligence avec le Rwanda» pour tenter de renverser le régime de Félix Tshisekedi, son successeur, à travers un coup d’État armé.
En mai dernier, Joseph Kabila avait fait une apparition remarquée à Goma, bastion du M23, affirmant vouloir « contribuer au retour de la paix ». Depuis, il n’a plus été revu dans le pays. Son procès s’est ouvert le 25 juillet à Kinshasa en son absence.
L’Est de la RDC, riche en minerais, est en proie à des violences depuis trois décennies. La récente avancée du M23, qui a pris le contrôle de Goma et Bukavu, a accentué la crise humanitaire et sécuritaire. Pour les provinces de l’Est, parties civiles dans ce procès, Joseph Kabila doit répondre des « énormes préjudices » subis par les populations. Elles réclament plusieurs milliers de dollars de dommages et intérêts.
Du côté du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation fondée par Kabila, ce procès est qualifié de « politique». Ferdinand Kambere, son secrétaire général adjoint, dénonce une «persécution d’opposant» et estime que « les conditions actuelles ne garantissent pas un procès équitable».
Âgé de 53 ans, Joseph Kabila conserve un vaste réseau d’influence en RDC. Après avoir quitté le pouvoir en 2019, il s’était fait discret avant de réapparaître en 2024 pour critiquer la gouvernance de Félix Tshisekedi. Sa condamnation éventuelle pourrait ouvrir une nouvelle phase d’instabilité politique dans le pays.
Yannick KOBO





