@informateur.ci- La décision du groupe Dangote de recruter près de 2 000 travailleurs indiens pour sa méga-raffinerie de Lekki, tout en procédant fin septembre au licenciement d’environ 1 000 ingénieurs nigérians, continue de susciter une vive polémique au Nigeria. Au-delà de l’émotion qu’elle provoque, cette affaire remet au cœur du débat national des questions structurelles longtemps éludées : la productivité du travail, la qualification de la main-d’œuvre et la flexibilité du marché de l’emploi.
Pour de nombreux syndicats et acteurs de la société civile, le choix du premier groupe industriel du pays apparaît comme un camouflet infligé aux travailleurs nigérians, dans un contexte de chômage élevé et de pression sociale croissante. Ils dénoncent une préférence accordée à la main-d’œuvre étrangère au détriment des compétences locales, pourtant formées dans les universités et écoles d’ingénieurs du pays.
De son côté, le groupe Dangote justifie sa décision par des impératifs techniques et opérationnels. Selon des sources proches du dossier, les travailleurs étrangers recrutés disposeraient d’une expertise spécifique dans l’exploitation et la maintenance de raffineries de très grande capacité, un savoir-faire encore rare sur le marché nigérian.
L’entreprise affirme également que ces recrutements seraient temporaires et destinés à accompagner la montée en puissance du complexe industriel de Lekki, présenté comme l’un des plus grands au monde.
Cette controverse met en lumière un problème plus large : l’adéquation entre la formation et les besoins réels de l’industrie, ainsi que la capacité du Nigeria à développer une main-d’œuvre hautement qualifiée dans des secteurs stratégiques. Elle interroge aussi la politique de contenu local, censée favoriser l’emploi national, mais souvent confrontée aux exigences de compétitivité et de rentabilité des grandes entreprises.
Alors que la raffinerie Dangote est appelée à jouer un rôle clé dans la réduction des importations de carburant et la souveraineté énergétique du Nigeria, l’équilibre entre performance économique et responsabilité sociale apparaît plus que jamais comme un défi majeur pour le pays.
Djah OPELY













