@informateur.ci- La commission électorale ougandaise a confirmé ce mardi 23 septembre 2025 la candidature du président Yoweri Museveni pour un nouveau mandat lors des élections prévues au début de l’année 2026. Âgé de 81 ans, l’homme fort de Kampala est à la tête du pays depuis près de quatre décennies.
Arrivé au pouvoir en janvier 1986, à la suite d’une guérilla qui mit fin au régime d’Apollo Milton Obote, Museveni s’était pourtant illustré par ses critiques à l’égard des dirigeants africains qui s’accrochaient au pouvoir. « Le problème de l’Afrique, ce ne sont pas ses peuples, mais ses leaders qui restent trop longtemps », avait-il affirmé à son arrivée. Une déclaration qui contraste désormais avec sa propre trajectoire politique.
Au fil des ans, son gouvernement a procédé à deux révisions majeures de la Constitution. La première a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels, et la seconde, adoptée en 2017, a levé la limite d’âge fixée à 75 ans. Ces changements législatifs lui ont permis de prolonger son règne sans contrainte institutionnelle.
Si ses partisans vantent la stabilité qu’il a instaurée, ses opposants dénoncent une dérive autoritaire, marquée par la répression des manifestations, la limitation de l’espace politique et le musellement de la presse. Les dernières élections, en 2021, avaient déjà suscité de vives contestations, notamment de la part de son principal rival, Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, qui accusait le régime de fraude massive et de violences contre les électeurs.
Avec cette nouvelle candidature, Museveni se projette vers un possible septième mandat, ce qui ferait de lui l’un des dirigeants africains les plus longtemps restés au pouvoir. Une perspective qui alimente les débats dans le pays : entre ceux qui voient en lui le garant de la sécurité nationale et ceux qui aspirent à une alternance démocratique.
Yannick KOBO












