@informateur.ci- Au Nigeria, la tension monte dans le secteur pétrolier. Le PENGASSAN, principal syndicat des travailleurs du pétrole et du gaz, a ordonné samedi 27 septembre 2025 la suspension de l’approvisionnement en brut et en gaz vers la raffinerie de Dangote. Cette décision fait suite au licenciement présumé de 800 travailleurs nigérians syndiqués, un acte que l’organisation qualifie d’illégal.
Dans un communiqué, le syndicat, qui représente plus de 21 000 employés, a appelé ses membres de sept grandes compagnies – TotalEnergies, Chevron, Seplat, Shell, Oando, Renaissance et Nigerian Gas Infrastructure Company – à cesser toute fourniture à l’usine. «Tous les membres doivent retirer leurs services à partir de 00h01 le lundi 29 septembre », a ordonné le secrétaire général Lumumba Okugbawa, précisant qu’aucune intervention sur site ne sera autorisée sans validation du Secrétariat national.
Le PENGASSAN accuse la direction de Dangote Refinery d’avoir renvoyé près de 800 Nigérians tout en maintenant plus de 2 000 expatriés, majoritairement indiens, en poste. Le syndicat dénonce également des restrictions d’accès pour les travailleurs locaux et un refus de dialogue social.
En réponse, Dangote Refinery rejette toute accusation de licenciement massif. L’entreprise parle d’une «réorganisation interne » destinée à protéger les installations contre des risques de sabotage et affirme employer toujours plus de 3 000 Nigérians. Elle insiste sur le fait que les décisions prises n’ont aucun lien avec l’adhésion syndicale des travailleurs.
La grève annoncée menace de perturber gravement l’approvisionnement en carburant, dans un contexte économique déjà fragile. La raffinerie avait brièvement annoncé la suspension de la vente de carburant en naira en raison de l’épuisement de son quota de brut obtenu via le programme d’échange contre la monnaie locale, avant de revenir sur sa décision.
Depuis son démarrage, la raffinerie de Dangote a joué un rôle crucial pour réduire la dépendance du Nigeria aux importations et stabiliser la monnaie locale en supprimant jusqu’à 700 millions de dollars de demande en devises chaque mois. Mais une interruption prolongée de ses activités pourrait entraîner une nouvelle flambée des prix, avec un litre de carburant dépassant potentiellement les 900 nairas, comme en mars dernier.
Le Conseil exécutif de PENGASSAN doit se réunir ce lundi pour décider des prochaines actions. Entre-temps, les autorités et plusieurs associations de consommateurs appellent les deux parties à renouer le dialogue pour éviter une crise énergétique majeure.
Djah OPELY












