@informateur.ci- Depuis le 5 août 2025, la ville de Koro, dans la région de Bandiagara au centre du Mali, fait face à un afflux massif de réfugiés burkinabè fuyant les violences armées. En seulement deux jours, plus de 430 ménages, soit environ 1 200 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont franchi la frontière pour trouver refuge à Koro.
Selon les témoignages recueillis, ces familles ont reçu un ultimatum de deux heures pour quitter leur domicile dans les villages d’Ingani, Posso et Andekanda, dans la province burkinabè du Loroum. Nombre d’entre elles sont arrivées sans effets personnels, dans un état de grande détresse, après avoir tout abandonné.
Les autorités locales ont mobilisé des bâtiments publics pour accueillir temporairement les nouveaux arrivants. Une aide alimentaire limitée a été distribuée par la chambre de commerce locale, mais les besoins restent criants : abris, vivres, eau potable, articles d’hygiène et soutien psychosocial.
Cette nouvelle vague s’ajoute aux 140 404 réfugiés déjà enregistrés au Mali au 31 juillet 2025, dont plus de 70 % proviennent du Burkina Faso. À cela s’ajoutent près de 92 000 personnes encore en attente d’enregistrement, concentrées principalement dans les régions de Bandiagara et Douentza. Koro, qui accueille près de 50 000 réfugiés, est aujourd’hui la localité la plus touchée du pays, accentuant la pression sur des ressources locales déjà limitées.
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ses partenaires et les autorités maliennes multiplient les efforts pour évaluer la situation et fournir assistance et protection. Cependant, la crise budgétaire qui touche les organisations humanitaires limite leurs capacités d’action. Les acteurs sur le terrain préviennent qu’un soutien rapide et renforcé est indispensable pour éviter que des milliers de vies, majoritairement des femmes et des enfants, ne basculent dans une détresse encore plus profonde.
Yannick KOBO












