@informateur.ci- La filière mangue au Mali traverse une zone de turbulences. La Direction générale de la Santé de la Commission européenne a décidé de suspendre temporairement les exportations de mangues en provenance du pays. L’annonce a été confirmée le 1er septembre par Mouhamed Diarra, conseiller technique au ministère de l’Agriculture, dans des propos relayés par Maliweb.
Selon le responsable, cette décision découle d’une recrudescence des interceptions sanitaires constatées sur des cargaisons maliennes depuis la campagne 2022, notamment en raison de la présence de mouches des fruits. Une situation qui remet en cause l’efficacité du dispositif national de contrôle phytosanitaire et de certification, pourtant censé garantir la conformité des produits avant leur mise sur le marché international.
Cette suspension constitue un coup dur pour les exportateurs maliens. En effet, l’Union européenne représente de loin le principal marché d’écoulement des mangues du Mali. En 2024, les expéditions maliennes ont atteint près de 11 millions de dollars, dont environ 80 % à destination du marché européen, d’après les données de la plateforme Trade Map.
Les producteurs, exportateurs et intermédiaires de la filière redoutent déjà les conséquences économiques de cette mesure. « Si la suspension venait à durer, c’est toute la chaîne de valeur qui serait fragilisée, avec des pertes financières considérables », confie un acteur du secteur.
Face à cette situation, le gouvernement malien est appelé à renforcer les mécanismes de contrôle phytosanitaire et à diversifier les débouchés commerciaux. Certains experts estiment que l’Asie et le Moyen-Orient pourraient constituer des alternatives, même si l’accès à ces marchés exige également des normes de qualité strictes.
En attendant une éventuelle levée de la suspension, l’inquiétude reste vive au sein de la filière. Pour un pays où la mangue est l’un des produits agricoles phares à l’exportation, cette décision de l’UE risque de fragiliser des milliers de producteurs et d’opérateurs économiques.
Yannick KOBO












