@informateur.ci- La reprise attendue de la production aurifère industrielle au Mali tarde à se concrétiser. Selon un document du ministère des Mines relayé par Reuters le 29 septembre, le pays a produit 26,2 tonnes d’or à fin août 2025. Un volume en baisse de 32 % sur un an, et nettement en deçà des prévisions initiales de 33,8 tonnes pour cette période.
En 2024, la production industrielle avait déjà reculé de 23 %, s’établissant à 51,7 tonnes contre plus de 67 tonnes une année plus tôt. Pour 2025, les autorités espéraient un léger rebond, avec un objectif fixé à 54,7 tonnes. Mais au vu du rythme actuel, cet objectif semble désormais hors de portée. « Les prévisions ne seront pas atteintes, tout cela est dû aux problèmes de Barrick », confie une source citée par Reuters.
La mine de Loulo-Gounkoto, opérée par Barrick Mining, illustre les difficultés du secteur. Plus grand site aurifère du Mali, il représentait 43 % de la production industrielle en 2024. Or, il est resté quasiment à l’arrêt tout le premier semestre 2025, en raison d’un litige opposant la société canadienne à Bamako sur l’application du Code minier de 2023.
Relancé en juillet sous administration provisoire à la demande de l’État, le site ne tourne encore qu’à 25 % de sa capacité, freinant lourdement les volumes nationaux. L’affaire reste en cours d’arbitrage international, ajoutant de l’incertitude au climat d’investissement.
Au-delà de Loulo-Gounkoto, d’autres exploitations majeures affichent des résultats en recul. La mine de Fekola (B2Gold) a vu sa production chuter de 4 % au premier semestre, tandis que Sadiola, opérée par Allied Gold, accuse une baisse de 5 % en glissement annuel. Ces contre-performances réduisent les marges de manœuvre du pays, alors même que l’or connaît un cycle haussier inédit.
Sur les marchés, le métal jaune se négocie à plus de 3 800 dollars l’once, en progression de 45 % depuis janvier. Un contexte favorable qui aurait pu générer des recettes record pour le Mali, si la production avait suivi les prévisions.
L’or est le pilier de l’économie malienne, représentant près de 10 % du PIB selon l’ITIE. La faiblesse de la production industrielle en 2025 menace non seulement les revenus miniers attendus, mais aussi la confiance des investisseurs dans un secteur stratégique pour le pays.
Les prochains rapports du ministère des Mines seront donc déterminants pour mesurer la trajectoire réelle de la filière aurifère et ses implications sur les finances publiques d’ici la fin de l’année.
Djah OPELY












