@informateur.ci- Au Kenya, les manifestations du mercredi 25 juin ont fait au moins 16 morts et plus de 400 blessés. Le gouvernement parle de tentative de coup d’État, tandis que les ONG dénoncent une répression brutale.
Les tensions continuent de monter au Kenya après une journée de manifestations qui a tourné à la tragédie. Selon Amnesty International, au moins 16 personnes ont été tuées et plus de 400 autres blessées à travers le pays ce mercredi, lors de rassemblements massivement réprimés par les forces de l’ordre.
Jeudi matin, dans une allocution télévisée, le ministre kényan de l’Intérieur a déclaré que la police avait « déjoué une tentative de coup d’État », qualifiant les manifestations de la veille de « terrorisme déguisé en contestation ». Des propos qui suscitent de vives réactions alors que les accusations de violences policières se multiplient. Les manifestations avaient pour but de commémorer le soulèvement populaire de juin-juillet 2024, déclenché par une loi budgétaire controversée. Le 25 juin 2024, des manifestants avaient même pénétré dans l’enceinte du Parlement, un événement sans précédent dans l’histoire du pays.
Ce jeudi , des milliers de jeunes sont descendus dans les rues de Nairobi, Kisumu, Mombasa et d’autres grandes villes. Les rassemblements, initialement pacifiques, ont dégénéré dans l’après-midi. Des feux ont été allumés, des pierres lancées. En réponse, les forces de sécurité ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Plusieurs ONG, dont une coalition de vingt organisations de défense des droits humains, rapportent de graves violences. Mercredi soir, elles faisaient état d’au moins 8 morts et de 400 blessés, dont 83 dans un état critique. Amnesty International a révisé ce chiffre à 16 morts ce jeudi matin.
Alors que le gouvernement justifie la répression par une menace contre la stabilité nationale, les défenseurs des droits humains dénoncent une brutalité disproportionnée. Le pays est à nouveau plongé dans l’incertitude, un an après l’un des mouvements sociaux les plus marquants de son histoire.
Djah OPELY





