@informateur.ci- Le Burkina Faso obtient un accord avec le FMI pour un décaissement de 32 millions de dollars soit 19,2 milliards de FCFA, et une marge budgétaire élargie jusqu’en 2025, malgré les défis sécuritaires et économiques persistants.
Le Burkina Faso et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord au niveau des services dans le cadre de la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI prévue en juin, cet accord permettra un nouveau décaissement de 32 millions de dollars en faveur du pays.
Mais au-delà de l’aide financière immédiate, c’est surtout la flexibilité budgétaire accordée par le FMI qui marque un tournant.
L’institution accepte désormais que le déficit public du Burkina atteigne 4 % du PIB en 2025, contre les 3 % habituellement requis par les règles de convergence de l’UEMOA. Cette tolérance reste toutefois conditionnée à la mobilisation de financements extérieurs supplémentaires équivalents à 0,7 % du PIB.
Pour les autorités burkinabè, confrontées à une insécurité persistante et à une forte demande sociale, cette marge budgétaire est cruciale. L’économie burkinabè affiche une croissance de 5 % en 2024, portée par les secteurs de l’agriculture et des services.
L’inflation, quant à elle, devrait ralentir pour atteindre 3 % en 2025. Dans le même temps, le gouvernement s’engage à intensifier ses efforts pour accroître les recettes fiscales et améliorer la gestion des finances publiques.
Cependant, des objectifs clés du programme n’ont pas été atteints fin 2024, notamment en ce qui concerne le déficit primaire et les arriérés intérieurs. Face à ce contexte tendu, le FMI adopte une approche plus souple, tout en appelant à une mobilisation rapide de financements internationaux pour éviter des mesures d’austérité trop sévères.
Sur les marchés financiers, la situation du Burkina reste préoccupante. Les spreads souverains se sont élargis, traduisant les craintes croissantes des investisseurs sur la viabilité des finances publiques. Ces inquiétudes se sont accentuées après que le président Ibrahim Traoré a ordonné aux banques locales de reverser à l’État 25 % des dépôts à terme (DAT) des entreprises publiques, afin de répondre à une urgence de trésorerie. Cette décision a ravivé les craintes d’un recours excessif aux ressources domestiques, mettant potentiellement à mal le secteur bancaire.
Le 26 mars dernier, les rendements des titres burkinabè sur le marché régional ont grimpé, atteignant 8,43 % pour les obligations à un an, 8,48 % sur cinq ans et 8,34 % sur sept ans, illustrant la méfiance des investisseurs.
Enfin, des discussions exploratoires ont été entamées entre le FMI et le gouvernement burkinabè concernant un futur programme de réformes structurelles, dans le cadre du Fonds pour la résilience et la durabilité, notamment pour répondre aux défis posés par le changement climatique.
Y.K/ informateur.ci avec Agence Ecofin












