@informateur.ci- Les Béninois sont appelés aux urnes ce dimanche 12 avril pour élire leur nouveau président, dans un contexte politique marqué par l’absence du principal parti d’opposition. Après dix années au pouvoir, Patrice Talon ne se représente pas, conformément à la Constitution qui limite le nombre de mandats.
Donné favori du scrutin, Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances, apparaît comme le successeur naturel du président sortant. Sa candidature s’inscrit dans la continuité du pouvoir en place, alors que l’opposition peine à se faire entendre.
En effet, le principal parti d’opposition a été écarté de la course présidentielle après l’invalidation de son dossier par la commission électorale, faute de parrainages suffisants. Une situation qui ravive les critiques sur le climat politique et les conditions de participation aux élections au Bénin.
Ce scrutin est également l’occasion de dresser le bilan des deux mandats de Patrice Talon. Si des réformes économiques et institutionnelles ont été engagées, plusieurs indicateurs sociaux restent préoccupants. Selon certaines estimations, entre 30 % et 40 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.
Depuis le retour au multipartisme en 1990, le pays a longtemps été considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest. Toutefois, les législatives de 2019, marquées par l’exclusion de grandes formations d’opposition, ont constitué un tournant. La création en 2018 de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme est également dénoncée par les opposants, qui y voient un instrument de restriction des libertés.
Par ailleurs, la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025, avec l’appui des forces nigérianes et françaises, reste une ombre au tableau du président sortant. Après son départ du pouvoir, Patrice Talon devrait désormais siéger au Sénat béninois, ouvrant une nouvelle page politique pour le pays.
Djah OPELY












