‘@Informateur- Zagré Seydou, ex-Directeur de Cabinet de Roch Kaboré, Adama Kouraogo, DG de l’Onaser, Eric Bougouma, ex-ministre des infrastructures, William Kaboré, DGA des douanes sont autant de personnalités du désormais ex-régime du MPP dont les noms ont été constamment cités dans des affaires qui méritent d’être tirées au clair. Une tâche qu’il revient à la junte militaire de faire avancer du point de vue judiciaire afin de blanchir ou condamner ceux qui tomberont sous le coup de la loi.
En 2020, au lendemain des élections présidentielles et législatives couplées au Burkina Faso, le Réseau national de lutte contre la corruption (REN-LAC) révélait au terme d’une enquête que 371 cas de pratiques de corruption ont été enregistrés. «Parmi ces actes, 59,8% ont consisté en la distribution de l’argent aux potentiels électeurs. Le MPP (ex-parti au pouvoir) a été impliqué à hauteur de 69,9% dans les actes de corruption électorale, suivi du CDP 11,6% et de l’UPC 9,2%», précise le REN-LAC.
– Eviter la prime à l’impunité

Mieux, rapporte toujours le Ren-lac, l’indice synthétique de la perception de la corruption (Ispc) a démontré à l’aune des enquêtes que le phénomène de corruption a été en constante augmentation depuis 2016. «Il est passé de 10,1 en 2016 à 42 en 2020», souligne le rapport 2020. Une montée en flèche qui prouve, si besoin en est, que le régime Kaboré a donné dans la prévarication. Comment en aurait-il d’ailleurs été autrement, quand la preuve est établie que ce régime est arrivé aux affaires et s’y est maintenu par la corruption.
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Dès lors que celui qui incarnait ce pouvoir laxiste est déchu par des militaires, il sied qu’une suite judiciaire soit donnée à l’essentiel des cas de soupçons d’enrichissement illicite et de détournement de deniers publics clairement cités. Il y va du sens de l’équité des nouveaux hommes forts de Ouagadougou mais surtout du signal de rupture dans la gouvernance que ceux-ci comptent envoyer au vulgum pecus. Il faut des sanctions exemplaires et dissuasives.
– En prenant des sanctions exemplaires

Si le dossier Jean-Claude Bouda a connu un jugement et que le concerné bénéficie d’une liberté provisoire après avoir passé 4 mois en détention pour fausse déclaration d’intérêt et de patrimoine, le sort de plusieurs autres proches du président Kaboré sont en pointillé. C’est le cas de l’ex-Directeur de cabinet du président du Faso, Zagré Seydou, soupçonné d’enrichissement illicite et entendu au moins une fois par le juge d’instruction du cabinet Numéro 3 du Tribunal de grande instance de Ouagadougou, le 18 juin 2021 pour blanchiment de capitaux.
Ce dossier mérite d’être vidé. De même que celui du Directeur général de l’Office nationale de la sécurité routière, Adama Kouraogo, régulièrement cité ces derniers mois preuve à l’appui par le Courrier confidentiel, comme l’un des fossoyeurs de l’économie burkinabè. Il y a également le dossier de l’ex-DGA de la Douane, William Kaboré dont le parquet s’est saisi à la suite de la dénonciation de l’Autorité supérieure du Contrôle d’État (l’ASCE/LC). Il est accusé d’avoir, par une simulation illicite, utilisé un certain Kaboré Christophe en vue de l’achat et la mise en valeur de 15 parcelles à Ouagadougou dont le montant cumulé serait de 1.300.000.000 FCFA.
– Sous la transition naissante

En 2020, une sulfureuse affaire impliquant Adama Kanazoé, anciennement Conseiller à la présidence du Faso, et dans laquelle ce dernier était soupçonné de corruption, de concussion et d’enrichissement illicite avait fait tourner les regards vers l’ancien ministre des infrastructures Eric Bougouma. Surtout lorsque ce dernier s’était empressé de voler au secours du Conseiller du président en démentant l’idée qu’un marché de travaux publics ait été attribué au mis en cause. Cette sortie avait fait sourire plus d’un, quand on sait que rarement, les démarcheurs d’affaires de ce genre n’ont leurs nom et prénoms mentionnés quelque part sur la paperasse. La fuite audio qui s’était retrouvée sur les réseaux sociaux était tout simplement révélatrice d’une mafia organisée et entretenue autour des marchés publics.
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Soupçonné lui-même de délit d’apparence, dans la foulée des déboires judiciaires de l’ex-ministre de la Défense, Jean-Claude Bouda, Eric Bougouma avait eu plus de chance que son collègue. Toutefois, l’idée qu’il ait recours à des prête-noms où qu’il dissimule des biens plus importants demeure grande. Ce qui pourrait lui valoir un regard plus inquisiteur de la part de la justice sous la transition qui s’ouvre. La Cellule nationale de Traitement des informations financières étant, depuis peu, très réceptive aux dénonciations et autres informations financières. Que les langues se délient donc pour une gouvernance vertueuse de la transition.
Alfred SIRIMA












