@Informateur- Ils étaient tout feu, tout flamme. Ils ont marqué, on pourrait le dire, un temps, la vie associative de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. Tant dans leurs prises de position que l’ardeur qu’ils dégageaient à défendre la communauté burkinabè.
Ils, ce sont entre autres, le Collectif des associations et mouvements de jeunesse burkinabè en Côte d’Ivoire (Camjbci), la Coordination des associations burkinabè en Côte d’Ivoire (Cabci), le Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire et sa branche CNJBCI, la fédération des femmes leaders d’associations burkinabè en Côte d’Ivoire (Fflabci) et le Cadre de concertation de la diaspora.
L’hibernation des uns et le service a minima des autres n’ont pas échappé à Seydou Kouda, lui-même leader de ce monde associatif, qui sur sa page Méta, a appelé, vendredi dernier, toutes ces associations à se réveiller «de leur sommeil profond au regard des défis qui les attend».
En effet, le constat dressé par Saidou Kouda est révélateur de tant de maux qui minent les leaders de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. A preuve, les commentaires qu’a suscités le post ont mis à nu une facette sombre de ces associations. Il y a certes, celles qui sont devenues muettes, mais il y a également l’inconstance de certains leaders qui sautent d’une branche à l’autre. Changeant de dénomination, comme si le problème de leur essor personnel résidait dans l’appellation de la structure. Qu’on en juge !
«90% de ces associations ont été montées sur du faux. Ça ne peut que donner ces résultats», dénonce Seydou Toé, président de la Société coopérative simplifiée des commerçants du bétail de la région des Lagunes. Une dénonciation soutenue par Michel Bado, membre du Camjbci, qui enfonce le clou en affirme que : «99,99% des associations de la juridiction Consulaire d’Abidjan sont créées dans le mensonge ; des associations créées contre d’autres associations ou contre des personnes quelques fois avec les bénédictions de certaines de nos autorités ; des associations créées sans vision ni idéal qui dans leur fonctionnement sont à côté de la plaque de leur ordre social».
Adama Ouédraogo, défenseur des droits de l’homme, fait le diagnostic. «On lutte pour un idéal, dira-t-il, en ayant une conviction. 80% des associations de la diaspora avaient tout simplement des agendas». Une fois la mission atteinte, selon ce dernier, ces associations sont désormais à court d’inspiration.

Ces avis, sans complaisance émanant des leaders eux-mêmes, ont même fait réagir, le Pca de la défunte microfinance Diaspora Finances, et du défunt tabloïde, Solidarité Paalga, Moussa Douamba. Celui-ci préconise un panel sur ces associations. «Si vous organisez un panel, personnellement, je suis preneur pour vous faire une communication sur le sujet. D’autres intervenants pourront vous parlez de la problématique de la Diaspora burkinabè en terre ivoirienne».

Une idée que partage Lamine Sawadogo, président du Club les Amis de Blaise Compaoré, une autre association qui n’a plus donné signe de vie depuis la chute du beau Blaise en 2014. «Il faut certainement changer de paradigmes dans la gestion des associations. Un panel comme le suggère M. Douamba ou faire les états généraux impliquant tous les acteurs de la diaspora. L’expérience a montré aussi que certaines personnes viennent dans les associations dans le seul but de s’enrichir ce qui est très absurde et aussi quand la politique s’y mêle?».
Même la présidente de la fédération des femmes leaders d’associations burkinabè en Côte d’Ivoire, Mme Sinan Lamoussa, dont la structure est aussi interpellée s’est prononcée en ces termes : « (…) Mais il faut trouver où se loge le mal qui détruit les associations de la diaspora mon fils kouda. Le mal est juste à côté de nous».

A l’analyse de la problématique posée par Saidou Kouda, on retient que les associations de la diaspora ont un réel problème de vision voire d’indépendance vis-à-vis des politiciens et des locataires du Consulat général du Burkina Faso à Abidjan et du 5é pallier de l’immeuble SIDAM Plateau qui se relaient en Côte d’Ivoire. Or toute compromission se paie cash tôt ou tard.
C’est le lieu d’appeler à une prise de conscience, voire une refonte du mouvement associatif burkinabè en Côte d’Ivoire. Les défis, comme l’a si bien relevé Saidou Kouda sont nombreux. Ne seraient-ce que les difficultés liées à l’établissement de la carte consulaire burkinabè depuis 8 ans, et la construction de la Maison du Burkina avec l’argent du contribuable burkinabè, essentiellement de la diaspora.
Géneviève MADINA














