@Informateur.info- Le scenario d’un soulèvement populaire se profile à l’horizon au Burkina Faso face à l’incapacité du régime à garantir la sécurité des Burkinabè et l’intégrité du territoire. Tous les ingrédients d’un départ de gré ou de force du président Kaboré semblent réunis depuis quelques semaines. Avec près d’un million et demi de déplacés internes et des morts civils et militaires qui se ramasse désormais à la pelle, l’exaspération du peuple a atteint son point culminant. On comprend donc les appels à la démission du chef suprême des armées pour incompétence notoire. Le ton a été donné, le 9 novembre dernier, par le Chef de file de l’opposition politique burkinabè (Cfop) qui menaçait en ces termes : «Si dans un mois des mesures urgentes ne sont pas prises pour faire face aux crises multiformes que traverse le Burkina Faso, l’opposition politique demandera la démission de Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement».
- Des soldats sous-équipés qu’on envoie à l’abattoir
Depuis cette mise en garde que certains ont vite fait de considérer comme du bluff, la situation sécuritaire n’a cessé d’empirer. Trois jours seulement après, 7 policiers du groupement des compagnies républicaines de sécurité de Dori ont été tués le 12 novembre en pleine mission de sécurisation. 48 heures après ce drame, une autre attaque d’un détachement de la gendarmerie faisait 53 morts à Inata dont 49 gendarmes. La dernière attaque date du 22 novembre dernier avec 9 gendarmes et 10 civils tués à Foubé.
A propos de l’attaque de Inata, le président du parti Sankariste, Me Bénéwendé Sankara, dont la formation politique fait partie de la majorité présidentielle a eu le recul nécessaire pour l’a qualité «d’attaque humiliante pour l’armée burkinabè». Comment 49 gendarmes appartenant à l’un des corps d‘élite de l’armée burkinabè ont pu être décimés de la sorte. C’est ici que le terme «humiliation» revêt tout son sens. Mais à l’analyse des faits rapportés, on ne peut pas reprocher aux pandores tués de n’avoir pas livré bataille. Bien que déterminés à défendre le pays, ils étaient sous-équipés et affamés face un ennemi qui était très bien renseigné. Ce qui est impardonnable pour un pays en état de guerre depuis au moins six ans.
- 79 soldats et civils tués en 10 jours
Toujours est-il que les faits ne plaident pas en faveur du régime qui semble être dépassé par les évènements. Six ans d’insécurité, six ans d’incompétence, ça fini forcement par révolter même les plus pacifistes. C’est le sens de la grogne et des manifestations qui se préparent au Burkina pour exiger le départ de Roch Marc Christian Kaboré. Deux présidents Burkinabè, faut-il le rappeler, ont déjà été chassés du pouvoir. Maurice Yaméogo en 1966 et Blaise Compaoré en 2014. Le régime de Roch Kaboré survivra-t-il à ce ras-le-bol général ou sera-t-il le troisième de l’histoire du Burkina à partir par la rue? Les regards sont tournés vers le peuple burkinabè.
Alfred SIRIMA











