@informateur.ci- À quelques jours de la célébration de la Tabaski 2026, les inquiétudes liées à l’approvisionnement du marché ivoirien en moutons demeurent au cœur des préoccupations des consommateurs.
Entre l’insécurité persistante dans plusieurs pays du Sahel, les difficultés logistiques et la flambée des coûts de transport, de nombreux ménages craignent une hausse des prix ou une pénurie de bétail. Pourtant, les acteurs de la filière se veulent rassurants.
Vice-président de l’Union nationale des sociétés coopératives de marchands de bétail de Côte d’Ivoire (UNSCOOMABCI), Toé Seydou affirme que toutes les dispositions ont été prises afin de garantir un approvisionnement suffisant du marché ivoirien pour la fête musulmane.
Selon lui, les commerçants ont anticipé les difficultés en mobilisant très tôt des convois dans plusieurs pays de la sous-région. Des équipes sont actuellement déployées au Niger, au Nigeria, au Bénin, au Togo, au Mali et au Burkina Faso pour assurer l’acheminement du bétail vers la Côte d’Ivoire. «Le marché ivoirien sera suffisamment approvisionné », assure-t-il, précisant que les premiers grands convois sont déjà arrivés depuis les 12 et 13 mai.
Cette année, les circuits d’approvisionnement ont toutefois profondément changé. En raison de l’insécurité dans certaines zones sahéliennes, près de 70 % des animaux transitent désormais par le corridor sud, en passant par le Niger, le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana avant d’entrer en Côte d’Ivoire par Noé.
Les axes traditionnels reliant le Burkina Faso et le Mali sont devenus plus complexes à emprunter à cause des attaques armées et des difficultés de circulation dans plusieurs zones d’élevage. Cette réorganisation logistique entraîne un allongement des délais et une hausse importante des coûts de transport.
«Là où les convois mettaient environ deux jours pour atteindre Abidjan via Ouangolodougou, il faut désormais près de quatre jours en passant par le corridor sud», explique le responsable de l’UNSCOOMABCI. Le coût de location des camions a également fortement augmenté.
Malgré cette pression financière, les opérateurs promettent de maintenir des prix accessibles afin de préserver le pouvoir d’achat des populations. Les prix des moutons dépendront principalement du gabarit et de la qualité des animaux recherchés par les consommateurs.
Pour cette édition 2026, environ 200 000 têtes de moutons sont attendues sur le marché ivoirien, dont près de 100 000 destinées au district d’Abidjan. À une semaine de la fête, le marché serait déjà approvisionné à près de 70 %, selon les professionnels du secteur.
Toé Seydou a également salué les efforts des autorités ivoiriennes en matière de fluidité routière. Il estime que les tracasseries et prélèvements illicites ont considérablement diminué sur les principaux corridors reliant les frontières à Abidjan.
Par ailleurs, le vice-président de l’UNSCOOMABCI a annoncé que l’organisation a reçu une délégation de l’Observatoire de la Fluidité des Transports (OFT) au parc à bétail de Modeste, dans la région du Sud-Comoé. Conduite par le représentant du secrétaire général de l’institution, cette visite a permis d’échanger sur les difficultés de la filière et les mesures d’amélioration du transport du bétail.
Le responsable de la filière a également plaidé pour une meilleure décentralisation des points de vente afin de rapprocher les animaux des consommateurs et limiter les concentrations excessives sur certains marchés durant la Tabaski.
Enfin, il a réaffirmé le soutien des opérateurs à la politique de promotion des moutons produits localement. Selon lui, la production nationale couvre déjà près de 30 % des besoins du marché ivoirien et les élevages situés dans des régions comme Bouna, Korhogo ou Tengréla offrent des animaux de qualité répondant parfaitement aux exigences religieuses de la Tabaski.
Abordant la question de l’interprofession, le vice-président de cette union estime surtout que chaque interprofession doit respecter les missions définies par les textes réglementaires. «Les interprofessions ont été créées pour accompagner la politique nationale de développement de l’élevage, mobiliser des financements et soutenir les producteurs.
Elles ne doivent pas se substituer aux coopératives et aux unions de base qui restent les véritables acteurs de terrain. Les efforts devraient davantage être orientés vers l’installation des jeunes dans les métiers de l’élevage, de la boucherie et de la filière bétail-viande. », a-t-il clarifié.
Yannick KOBO












