@informateur.ci- Une vive tension secoue la frontière ivoiro-burkinabè. Six agents ivoiriens de la Direction d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (DAARA), en mission dans la sous-préfecture de Tougbo (département de Téhini), ont été enlevés le dimanche 24 août 2025 par une faction de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) du Burkina Faso.
Ces fonctionnaires avaient pour mission de recenser des familles déplacées venues du Burkina Faso après une attaque terroriste survenue à la mi-août dans le Sud du pays voisin. Selon les premiers témoignages recueillis, les agents de la DAARA, qui circulaient à bord d’un véhicule de service dans les localités de Kalan 1 et Kalan 2, ont été interceptés dans la matinée par des VDP armés.
Les VDP les auraient conduits de force de l’autre côté de la frontière, vers Moussokantou, territoire burkinabè. Des sources locales affirment qu’après quelques heures de détention, les six agents ivoiriens ont été embarqués dans un hélicoptère militaire et transférés vers une destination inconnue. Les circonstances exactes de leur enlèvement et les conditions de leur transfert demeurent, pour l’heure, entourées de zones d’ombre.
Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par les autorités ivoiriennes sur cet incident, mais l’affaire suscite déjà une vive inquiétude dans la région du Bounkani, où les populations vivent dans la peur des incursions armées et des tensions frontalières.
Cette bande frontalière, particulièrement sensible, est régulièrement infiltrée par des groupes armés et des VDP burkinabè qui revendiquent certaines portions de territoire. Ces tensions compliquent la présence des forces administratives et sécuritaires ivoiriennes, tout en mettant en péril la mission humanitaire menée auprès des réfugiés et déplacés.
L’enlèvement des agents de la DAARA risque d’alourdir un climat déjà fragile et de relancer les interrogations sur la sécurisation de la frontière ivoiro-burkinabè, théâtre d’incidents répétés ces dernières années.
Djah OPELY













