@informateur.ci- La Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), coordonnée par le président du PCDI-RDA, Tidjane Thiam, a été officiellement lancée le 10 mars 2025 par 25 partis politiques conduits par plusieurs grandes figures de l’opposition. Pour la Coalition, il importe que le président Alassane Ouattara reprenne le dialogue politique afin que les forces politiques se retrouvent autour de la table de négociation pour arriver à un consensus sur les conditions de la tenue du scrutin présidentiel d’octobre 2025, en vue de garantir des élections transparentes et apaisées.
Mais le mercredi 12 mars 2025, au sortir du Conseil des ministres, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, a quelque peu surpris l’opinion en déclarant que la 5ᵉ phase du dialogue politique a été clôturée en mars 2022. Sans doute le ministre faisait-il allusion à l’aspect pratique du dialogue politique qui a consisté à réunir les partis politiques et les organisations de la Société civile invités dans une salle de négociation, pour mener les débats sur les thèmes retenus. Cela peut se comprendre.
Faut-il le rappeler, dans le cadre du renforcement de la paix et de la cohésion nationale, le président Alassane Ouattara avait instruit le Premier ministre Achi Patrick à l’effet d’engager une autre phase du dialogue politique avec les partis et groupements politiques ainsi que les organisations de la société civile.
Ainsi, la phase 5 du dialogue politique s’est déroulée en trois étapes. La séance d’ouverture, le jeudi 16 décembre 2021, sous l’égide du Premier ministre Achi Patrick qui a procédé à l’ouverture du dialogue politique. Dans le cadre de travaux en comités, les échanges ont eu lieu au sein de deux comités réunissant les représentants du gouvernement, d’une part avec les 21 formations politiques invitées, du 20 janvier au 24 février 2022 ; et d’autre part avec les 26 organisations de la société civile invitées, du 21 janvier au 16 février 2022.
La séance de clôture s’est déroulée le vendredi 4 mars 2022, toujours sous la présidence du Premier ministre. Elle a servi de cadre à la signature solennelle du rapport final. Les thématiques retenues et soumises à débat ont porté, primo sur les mesures d’apaisement de l’environnement politique, secundo sur la réconciliation nationale, tertio sur le cadre juridique et institutionnel des élections en Côte d’Ivoire.
Mais il est très important de souligner que, conformément au rapport final signé par l’ensemble des parties prenantes, il a été décidé la mise en place d’un ‘’ Cadre de Suivi des recommandations de la phase 5 du dialogue politique, sous l’autorité du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité dont la mission sera conduite sur la base du document de travail ‘’. Le rapport final indique que ‘’De façon générale, les participants s’engagent fermement à entreprendre, conjointement, des actions de promotion et de renforcement de la cohésion sociale. Aussi souhaitent-ils que se tiennent périodiquement des rencontres de Haut Niveau ‘’.
On le voit, si on donne raison au ministre Amadou Coulibaly quant au fait que la phase pratique et les débats du 5e dialogue politique ont pris fin en mars 2022, il est néanmoins important de souligner que l’esprit du dialogue politique ivoirien n’est pas mort le 4 mars 2022 avec la cérémonie de clôture. Il est prolongé par le ‘’ Cadre de Suivi des recommandations de la phase 5 du dialogue politique ‘’. Et il doit vivre à travers ce cadre qui doit être activé, s’il ne l’a pas encore été.
Toutefois, si tant est qu’il faille à tout prix admettre que la phase 5 dialogue politique est close, il va peut-être falloir ouvrir sans attendre la phase 6 du dialogue politique. Beaucoup de questions restent en suspens et il faudra parvenir à un consensus, pour une élection présidentielle apaisée en octobre 2025, afin de tourner définitivement la page des crises électorales sanglantes en Côte d’Ivoire.
KKM/informateur.ci












