@informateur.ci- Dans son rapport 2024/25, Amnesty International alerte sur des arrestations arbitraires, des restrictions des libertés fondamentales, des expulsions forcées et des violences faites aux femmes en Côte d’Ivoire, à l’approche de l’élection présidentielle de 2025.
Dans son rapport annuel 2024/2025, Amnesty International dresse un constat alarmant sur la situation des droits humains en Côte d’Ivoire, dénonçant des arrestations arbitraires, des expulsions forcées, des atteintes aux libertés fondamentales et des lois discriminatoires, alors que le pays se prépare à une élection présidentielle sous tension.
Des lois pénales qui criminalisent des actes non répréhensibles. L’organisation dénonce particulièrement l’utilisation de textes de loi pour punir des comportements qui ne devraient pas constituer des infractions. L’article 183 du Code pénal ivoirien prévoit jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour la diffusion de «fausses nouvelles», une formulation floue qui menace la liberté d’expression. Par ailleurs, les articles 197 à 199 criminalisent les manifestations non déclarées, restreignant la liberté de réunion pacifique.
- Répression de manifestations pacifiques
Amnesty pointe aussi la brutalité policière lors de certaines manifestations. En septembre, une marche interdite à Abidjan contre la vie chère et les expulsions a été violemment dispersée par les forces de l’ordre. Une vingtaine de manifestants, membres du mouvement Agir pour le peuple, ont été arrêtés.
- Liberté d’association en danger
Une ordonnance gouvernementale prise en juin impose de nouvelles obligations aux ONG, notamment des rapports d’activité annuels et le pouvoir pour les autorités de dissoudre toute organisation sans possibilité de recours. Plusieurs ONG locales y voient une tentative de contrôle et d’intimidation.
- Des expulsions massives sans garanties
Depuis janvier, plusieurs quartiers d’Abidjan ont été démolis, dans le cadre d’un vaste programme d’aménagement. Amnesty International déplore que des milliers de familles aient été expulsées sans consultation, sans préavis suffisant, ni indemnisation ou solution de relogement adéquate. Des avancées incomplètes pour les droits des femmes. Malgré une réforme autorisant l’avortement en cas d’inceste, certaines lois restent discriminatoires. Notamment l’article 403 du Code pénal, qui accorde une forme d’impunité pour le viol conjugal, en supposant le consentement de l’épouse «jusqu’à preuve du contraire».
- Travail des enfants et violences structurelles
Le rapport dénonce également la persistance du travail des enfants, notamment dans les mines d’or artisanales, l’agriculture et le travail domestique. Le rapporteur spécial de l’ONU a exprimé sa préoccupation face à ce phénomène enraciné. Transition énergétique sous contrainte financière. La Côte d’Ivoire a obtenu un prêt de 1,3 milliard de dollars du FMI pour soutenir sa transition climatique. Si ce financement vise à améliorer les politiques environnementales, Amnesty avertit qu’il risque d’aggraver la dette publique, dans un contexte économique et social tendu.
Conclusion : Alors que les tensions politiques s’intensifient à l’approche de la présidentielle de 2025, Amnesty International appelle les autorités ivoiriennes à respecter leurs engagements internationaux en matière de droits humains et à garantir les libertés fondamentales de tous les citoyens.
Y.K/informateur.ci












