@informateur.ci- L’opération de rachat du cacao résiduel de la grande traite de la campagne 2025-2026, est dans sa troisième semaine. Les cris de colère induits par le blocage de la commercialisation qui ont valu l’avènement du rachat font désormais place à une grogne sourde due à des frustrations et à des suspicions légitimes. Frustration, parce que des centaines de coopératives dont les stocks de cacao ont été inventoriés n’ont pas encore déchargé un seul camion. Ce qui aurait constitué une bouffée d’oxygène pour ces dernières. C’est le cas à Adzopé où le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné était en visite le mercredi 18 février, mais aussi à Divo, à Soubré, à Gagnoa et ailleurs. Alors que ces sociétés coopératives attendent impatiemment leur tour, d’autres ont déjà déchargé deux camions.
S’il est vrai que l’opération devrait se faire progressivement, la logique eut voulu que celle-ci soit gouvernée par un minimum d’équité, de sorte que chaque coopérative ait un tour de passage avant que ne soit enclenché un autre tour. Or, telles que les choses se passent, il y a des coopératives qui ont déjà eu droit à deux passages, alors que d’autres continuent toujours d’attendre. Sur quelle base ? Seul le Conseil du Café-cacao pourrait éclairer la lanterne des producteurs qui ont de la peine à comprendre ce modus operandi frappé du sceau de l’injustice la plus criante.
- Suspicions légitimes
Malheureusement, l’absence de toute explication ni d’un calendrier précis des enlèvements alimente des suspicions légitimes. En effet, comment se fait-il que tous aient été inventoriés et que certains voient leurs connaissements signés à deux reprises tandis-que d’autres sont ignorés? Que dit la fiche de programmation, s’il en existe? Tout ce questionnement n’aurait pas eu de sens si le Conseil du Café-cacao avait opté de gérer cette opération dans la plus grande transparence. Parce que si tel était le cas, cet organe ne se serait pas limité à déclarer seulement les 123.000 tonnes à racheter. Il aurait publié la liste des sociétés coopératives et les stocks détenus par chacune, comme il le fait chaque année pour la liste des agréments d’exportations.
Il faut contraindre le Conseil du Café-Cacao à publier la liste des sociétés coopératives détentrices des 123.000 tonnes concernées et à faire un point hebdomadaire des déchargements.
L’opération de rachat des 123.000 tonnes avec l’argent du contribuable ivoirien (280 milliards FCFA décaissés par l’Etat) ne peut pas être gérée au noir quand on sait le tort déjà fait aux producteurs. Le comble, c’est lorsque l’interprofession Café-cacao se rend complice d’une gestion qui pue l’opacité plutôt que de la dénoncer. Vous avez dit dénoncer ! Eh bien, non, car selon nos informations, cette organisation présidée par Siaka Diakité s’est taillée un manteau de rabatteur dans cette opération. Dressant ainsi une liste parallèle de sociétés coopératives qu’elle soumet au Conseil du Café-cacao pour être prise en compte.
En tout état de cause, le ministre de l’agriculture doit ouvrir l’œil et le bon sur cette opération d’enlèvement du stock résiduel. En outre, il faut contraindre le Conseil du Café-Cacao à publier la liste des sociétés coopératives détentrices des 123.000 tonnes concernées et faire un point hebdomadaire des déchargements. La transparence, mais aussi le bon sens le commandent. Tout simplement.
Jean-François FALL













