@informateur.ci- Beaucoup critiquent aujourd’hui la gestion de la situation. C’est normal : rien n’est parfait et, dans toute organisation, il peut y avoir des failles par moments. Mais le véritable problème aujourd’hui n’est pas le prix de la nouvelle récolte, car celui-ci répond aux réalités du système de fixation des prix mis en place dans la filière. Le vrai sujet concerne les fèves de la grande campagne qui restent encore dans les mains de nombreux producteurs et coopératives, alors même que ces stocks ont été recensés. Autrement dit, ce sont ces stocks recensés qui ont fait l’objet de financements destinés à permettre leur enlèvement.
Face à cette situation, le Président de la République, toujours soucieux du bien-être des producteurs et conscient des difficultés qu’ils rencontrent, a décidé de décaisser 280 milliards de FCFA afin de permettre le rachat de ces stocks et de soulager la filière, pour que le prix des fèves restant sur la campagne principale puisse être respecté. La question essentielle que nous devons poser aujourd’hui est simple : Où en sommes-nous concrètement dans cette opération de rachat des stocks? C’est sur ce point précis que les acteurs de la filière, les producteurs et l’opinion publique attendent des réponses claires.
C’est dans cet esprit que, en ma qualité de député de la Nation et dans le cadre de ma mission parlementaire de contrôle de l’action publique, et parce que la situation donne parfois l’impression que rien n’aurait été fait pour apporter une réponse à ce problème, j’ai déposé une Demande d’information parlementaire auprès de l’Assemblée nationale. L’objectif est clair : permettre que les responsables à qui ce portefeuille a été confié puissent être entendus, afin d’apporter des éclaircissements sur la situation du rachat des stocks résiduels de cacao.
Il est en effet de notre responsabilité, en tant que représentants du peuple, de nous assurer que les décisions et les instructions données par le Président de la République soient effectivement mises en œuvre sur le terrain, au bénéfice des producteurs. Car beaucoup de producteurs attendent encore des réponses concrètes et des actions visibles pour l’enlèvement de leurs stocks.
Par ailleurs, je voudrais dire une chose à ceux qui profitent de cette situation pour multiplier les déclarations politiques : Depuis combien de jours n’avez-vous pas mangé du chocolat ?
Vos discours, à eux seuls, ne changeront pas les fondamentaux du marché. Le marché obéit à la loi de l’offre et de la demande, et non au bavardage politique. Si nous voulons réellement renforcer la filière cacao, nous devons devenir non seulement de grands producteurs, mais aussi de grands consommateurs de chocolat. C’est en développant la transformation locale et la consommation locale que nous réduirons progressivement notre dépendance aux fluctuations du marché international.
Honorable Alahassane Diakité












