‘@informateur- Madame Martine Somé, à l’état civil, Sage-femme burkinabè, plus connue sous le sobriquet Milie Marta, très active sur les réseaux sociaux, a reçu mercredi, les honneurs du ministre de la Santé, Pierre N’gou Dimba, pour avoir sauvé une parturienne le 2 septembre dernier, en pleine brousse à Grand-Lahou (127 km au sud-ouest). Comment cette praticienne venue du pays des Hommes intègres pour se recueillir sur la tombe de son défunt père enterré à Sodiko, une localité de la région,a pu réussir un tel exploit?
Selon son recit publié le 2 septembre sur sa page Facebook et intitulé « ma plus belle journée en tant que sage-femme, je l’ai vécue aujourd’hui », Milie Marta explique qu’elle est partie d’Abidjan pour Grand-Lahou puis pour Sodiko à bord d’une voiture de location.
« A mi-chemin, deux hommes arrêtent la voiture que j’ai louée pour me conduire. Ils demandaient notrr aide pour transporter une femme enceinte à Grand-Lahou parce qu’elle avait été référée par la maternité de leur village et ils n’avaient pas de moyens de transport », poursuit celle que le ministre ivoirien de la Santé a appelé « l’ange venu du Burkina ».
Elle leur rend ce service. Car, « heureusement leur village était après la localité où mon père est enterré », précise-t-elle. Rapidement, Milie Marta sacrifie au rituel sur la tombe de son défunt père à qui elle demande, du reste, ses « bénédictions » pour la suite de son périple.
« Nous voilà en route pour Grand-Lahou. En pleine brousse, je sens que la femme a des contractions, elle pousse, je ne suis pas tranquille. Sans mentir, je me disais « pourquoi tu aimes problèmes comme ça? Et si elle meurt dans tes mains ? Mais je priais Dieu que tout se passe bien », raconte-t-elle.

En pleine brousse, loin de la ville de Grand-Lahou, la Sage-femme prend son courage à deux mains, enfile ses gants et examine la dame en travail. « Je touche le bébé, il est déjà presque là. Je commence à paniquer mais je me ressaisis et je me dis que je n’ai pas droit à l’erreur » se rassure Milie Marta qui a la force de dire à son chauffeur apeuré qu’elle va la faire « accoucher ».
« Je dis à l’accompagnante que je suis une sage-femme burkinabé, c’est vrai que je ne suis pas sur mon territoire mais vu qu’elle a des contractions je vais demander la permission d’essayer son accouchement même si on est en pleine brousse. La vieille accepte, je lui demande de prier pendant que j’essaye. Nous voilà entre prières et travail », relate-t-elle.
Quelques minutes plus tard, le bébé est là, la maman se porte bien. Mais, il y a un hic. Le bébé ne crie pas et ne réagit pas. La peur renaît en Marta mais elle a foi. « Je lui fais un massage des pieds. J’essaye sans un seul matériel de ramener le bébé. Je désespère, la couleur de sa peau m’inquiète. Je descends la robe de sa maman et je fais un corps à corps afin que la chaleur maternelle remonte vers le bébé.(…). Petit à petit, le bébé reprend la couleur rose. Je commence à sourire je continue de prier et enfin le bébé émet son premier cri. Mes larmes coulent, je suis en joie. Je remercie encore le ciel », se réjouit Milie Marta.
Ouf! Soulagement. Mais la sage-femme n’est pas au bout de ses peines. Comment couper le cordon ombilical surtout qu’elle n’a ni lame ni ciseaux? « On poursuit notre chemin jusqu’au village voisin, il n’ y a de maternité mais un petit centre de santé où j’ai une paire de ciseaux. Je coupe le cordon et on fait demi-tour. Bébé et maman doivent retourner chez eux. Arrivés à la pirogue qui devrait les aider à traverser, nos chemins se séparaient là », indique-t-elle.
Ainsi, les parents de la petite fille qui venait de naître décident leur bébé porte le prénom de la sage-femme à qui la Côte d’Ivoire a rendu les honneurs. Et fière d’avoir sauvé la mère et son bébé, Martine Somé conclut son récit émouvant en ces termes: » Grâce à Dieu, aux bénédictions de mes parents et à l’amour pour la profession de sage-femme, moi Martine, je vous présente Martine Juniore, ivoirienne née dans les bras d’une sage-femme burkinabè qui était juste de passage. Là oû le destin t’appelle, tu t’y rendras ». Sacrée Martine !
Geneviève MADINA












