@informateur.ci- La filière cacao traverse une zone de fortes turbulences en Côte d’Ivoire. Au 2 février 2026, le cours mondial du cacao à New York s’établissait à 2 253 FCFA le kilogramme, un niveau inférieur au prix garanti au producteur fixé à 2 800 FCFA/kg et bien en deçà du prix CAF exportateur de 4 100 FCFA/kg. Cette situation crée un déséquilibre financier qui bloque la commercialisation et fragilise l’ensemble de la chaîne de valeur.
Face à cette crise, Dr Ahoua Don Mello exprime son indignation et s’interroge sur la gestion des réserves financières constituées au fil des années, dans une communication datée du 22 février 2026. Selon lui, un soutien du fonds de réserve apparaît indispensable pour éviter une baisse du prix payé aux producteurs et compenser le manque à gagner des exportateurs. Il estime ce soutien à 1 847 FCFA/kg, soit environ 3 139,9 milliards de FCFA pour une production prévisionnelle de 1 700 000 tonnes en 2026.
Le candidat à la présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire, pointe du doigt l’opacité entourant la gestion des réserves de la filière. Il rappelle que la différence entre le prix CAF et le prix du marché international – parfois supérieure à 1 000 FCFA/kg et ayant atteint jusqu’à 3 000 FCFA/kg ces dernières années – est censée être reversée à l’État via le Conseil Café-Cacao. Pourtant, affirme-t-il, ces flux financiers ne laisseraient aucune trace visible dans les documents budgétaires.
Sur la base d’une production annuelle estimée à 2 millions de tonnes, les reversements auraient pu représenter entre 2 000 et 6 000 milliards de FCFA par an. Une manne qui, selon Don Mello, aurait permis la création d’un fonds souverain capable d’amortir les chocs de marché, d’éviter les blocages actuels et de financer l’industrialisation du cacao.
Il cite notamment l’exemple du transformateur Transcao, engagé dans la transformation locale, mais confronté à un manque de visibilité sur le modèle financier et commercial. À défaut d’un appui rapide du fonds de réserve, prévient-il, l’État, les opérateurs et surtout les paysans pourraient subir de lourdes conséquences, avec en ligne de mire une possible baisse du prix garanti aux producteurs.
Yannick KOBO













