@informateur.ci- De Stanley Matthews à Harry Kane, en passant par Pelé, Cruyff, Platini, Messi et Cristiano Ronaldo, le Ballon d’Or raconte sept décennies de football, de génie et de rivalités. À l’occasion de son 70e anniversaire, cette distinction a consacré, le 26 octobre 2026 à Londres, l’attaquant anglais du Bayern Munich et l’Espagnole Alexia Putellas.
Le Ballon d’Or est bien plus qu’un trophée. Pour les footballeurs, il représente une consécration individuelle, la reconnaissance d’une saison exceptionnelle et l’entrée dans le cercle des grandes légendes du ballon rond. Créé en 1956 par le magazine français France Football, ce prix s’est imposé au fil des décennies comme l’une des distinctions les plus convoitées du football mondial.
Soixante-dix ans après sa création, son prestige demeure intact, même si les critères de sélection, les règles d’éligibilité et les débats autour de son attribution ont considérablement évolué.
- De Stanley Matthews à l’ouverture mondiale
Tout commence en 1956. L’Anglais Stanley Matthews, alors joueur de Blackpool, devient le premier lauréat de l’histoire. À l’origine, le Ballon d’Or est réservé aux footballeurs européens évoluant dans des clubs européens. Cette restriction est levée en 1995 : les joueurs de toutes nationalités évoluant dans les championnats européens peuvent désormais prétendre au trophée. La même année, le Libérien George Weah entre dans l’histoire en devenant le premier Africain à remporter cette distinction.
Une nouvelle étape est franchie en 2007, lorsque le prix s’ouvre aux joueurs du monde entier, sans restriction de nationalité ni de championnat. Le Ballon d’Or affirme alors davantage sa dimension internationale, à l’image d’un football devenu planétaire.
- Messi et Cristiano Ronaldo, deux géants d’une même époque
Au cours des deux dernières décennies, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ont profondément marqué l’histoire du trophée. Leur rivalité a rythmé les débats, alimenté les comparaisons et repoussé les limites de la performance individuelle.
L’Argentin Lionel Messi détient le record avec huit Ballons d’Or, remportés en 2009, 2010, 2011, 2012, 2015, 2019, 2021 et 2023. Sa vision du jeu, sa créativité, sa capacité à éliminer ses adversaires et sa régularité exceptionnelle ont fait de lui l’une des figures majeures du football contemporain. Son sacre de 2023, notamment marqué par son titre de champion du monde avec l’Argentine en 2022, a renforcé sa place dans l’histoire.
Son grand rival, le Portugais Cristiano Ronaldo, compte cinq trophées, remportés en 2008, 2013, 2014, 2016 et 2017. Buteur prolifique, doté d’une puissance athlétique remarquable et d’une longévité exceptionnelle, il a marqué les clubs dans lesquels il a évolué, notamment Manchester United et le Real Madrid.
Avant cette domination, d’autres légendes avaient déjà façonné le palmarès. Le Néerlandais Johan Cruyff, le Français Michel Platini et le Néerlandais Marco van Basten ont chacun remporté trois fois le trophée. Leurs exploits témoignent de la diversité des styles et des générations qui ont marqué le football.
- Les Allemands et les Anglais dans la légende
L’Allemagne occupe une place importante dans l’histoire du Ballon d’Or. Gerd Müller est récompensé en 1970, Franz Beckenbauer en 1972 et 1976, Karl-Heinz Rummenigge en 1980 et 1981, Lothar Matthäus en 1990 et Matthias Sammer en 1996. Ces distinctions récompensent des joueurs qui ont marqué leur époque par leur efficacité, leur intelligence tactique ou leur leadership, aussi bien en club qu’en sélection nationale.
L’Angleterre possède également un riche héritage. Après Stanley Matthews en 1956, Bobby Charlton est sacré en 1966, année du premier et unique titre mondial anglais à ce jour. Kevin Keegan remporte le trophée deux années de suite, en 1978 et 1979, avant Michael Owen en 2001. En 2026, Harry Kane devient le cinquième Anglais à inscrire son nom au palmarès. Son sacre met fin à vingt-cinq années d’attente pour le football anglais depuis la victoire de Michael Owen.
- La France, une terre de Ballons d’Or
Le football français a lui aussi contribué à écrire les plus belles pages de cette histoire. Raymond Kopa ouvre la voie en 1958, avant Michel Platini, auteur d’un exploit remarquable avec trois sacres consécutifs, de 1983 à 1985. Jean-Pierre Papin est récompensé en 1991. En 1998, Zinédine Zidane entre à son tour dans l’histoire après une année marquée notamment par la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde.
Plus récemment, Karim Benzema remporte le trophée en 2022, au terme d’une saison exceptionnelle avec le Real Madrid. En 2025, Ousmane Dembélé lui succède au palmarès français grâce à ses performances avec le Paris Saint-Germain.
Ces distinctions illustrent la capacité du football français à produire des joueurs de premier plan, capables de s’imposer dans les plus grandes compétitions européennes et internationales.
- Le Ballon d’Or féminin, une reconnaissance majeure
Longtemps absentes de cette distinction, les joueuses disposent depuis 2018 de leur propre Ballon d’Or. La Norvégienne Ada Hegerberg devient la première lauréate, suivie en 2019 par l’Américaine Megan Rapinoe. L’Espagne prend ensuite une place prépondérante dans cette compétition. Alexia Putellas remporte les éditions 2021 et 2022, avant qu’Aitana Bonmatí ne s’impose trois années consécutives, de 2023 à 2025.
Le 26 octobre 2026, Alexia Putellas retrouve le sommet et décroche son troisième Ballon d’Or féminin. Cette nouvelle consécration récompense son influence dans le jeu et son parcours au plus haut niveau. Elle confirme également la place grandissante du football féminin dans le paysage mondial.
- Harry Kane, la consécration d’une carrière
La cérémonie du 26 octobre 2026, organisée au London Palladium à l’occasion du 70e anniversaire du trophée, consacre Harry Kane chez les hommes. L’attaquant du Bayern Munich succède au Français Ousmane Dembélé. Ce sacre récompense une saison particulièrement prolifique, marquée par ses performances en club et avec la sélection anglaise. Il devient ainsi le premier Anglais à remporter le Ballon d’Or depuis Michael Owen en 2001. Le choix de Londres pour cette édition anniversaire revêt une portée symbolique : il rend hommage à Stanley Matthews, premier lauréat en 1956.
La cérémonie, organisée conjointement par France Football et l’UEFA depuis 2024, distingue également les jeunes talents, les gardiens, les entraîneurs, les clubs et les buteurs. Le prix Sócrates met, quant à lui, en lumière des initiatives solidaires et humanitaires.
- Une récompense qui continue de diviser
Chaque édition du Ballon d’Or suscite son lot de discussions. Les statistiques individuelles doivent-elles primer sur les titres collectifs ? La victoire en Coupe du monde ou en Ligue des champions doit-elle peser davantage que la régularité sur une saison ? Quelle place accorder à l’influence d’un joueur sur le jeu, au-delà des buts et des passes décisives ?
Ces interrogations nourrissent les débats entre supporters, journalistes et spécialistes. Elles témoignent surtout de l’importance de cette récompense dans la culture footballistique mondiale. Le Ballon d’Or n’est pas une science exacte. Il résulte d’un processus de vote et d’une appréciation des performances selon des critères établis. Son attribution reflète donc aussi les sensibilités et les priorités des votants.
- De Pelé aux légendes contemporaines
L’histoire du Ballon d’Or ne se confond pas entièrement avec celle des meilleurs footballeurs de tous les temps. Pelé, considéré comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire, n’a jamais remporté officiellement le trophée durant sa carrière, en raison des règles d’éligibilité alors en vigueur.
En 1995, France Football lui a toutefois attribué une reconnaissance honorifique à travers un vote rétrospectif portant sur les meilleurs joueurs non européens. D’autres légendes, comme Diego Maradona, ont également été exclues du palmarès officiel de leur époque pour des raisons similaires. De Stanley Matthews à Harry Kane, de George Weah à Lionel Messi, de Michel Platini à Cristiano Ronaldo, le Ballon d’Or raconte ainsi les transformations du football et l’évolution de ses grandes figures.
Soixante-dix ans après sa création, il reste un symbole de consécration individuelle, un objet de passion et parfois de controverse. Un trophée qui, chaque année, inscrit un nouveau nom dans la mémoire collective du sport roi.
Geneviève MADINA












