@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, depuis près d’une année, une affaire qu’on tente d’étouffer dans la région de la Mé, celle de l’arrestation et de la détention de Zabré Yobi Issiaka, agriculteur et militant actif à l’International Congrès des Droits Humains et Humanitaires (ICDH), dérange. L’homme et quatre de ses proches qui résident dans la cité de Yakassé-Mé ont été arrêtés et violentés dans la matinée du lundi 3 juin 2024 par des hommes en armes encagoulés, provoquant l’indignation des populations de la région, de la Société civile et de la communauté paysanne.
Aussi l’ICDH et son président Sylvain Néan Téré ont tenu à rappeler récemment, à l’attention du ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ‘’ les faits en rapport avec la situation de violation des libertés et des droits fondamentaux du Sieur Zabré Yobi et quatre de ses proches (…) ‘’. En effet, dans un courrier à l’attention du ministre, l’ICDH indique que : …’’ Zabré Yobi Issiaka et quatre de ses proches ont été interpellés et mis en détention depuis le mois de juin 2024 jusqu’à ce jour. Ils ont été arrêtés à Yakassé-Mé sur l’axe Abidjan-Adzopé, très tôt dans la matinée du lundi 3 juin 2024 et conduits au Groupement des Moyens Généraux sis à l’hôtel Sébroko à Abidjan ‘’. Selon l’épouse et la famille du détenu, ‘’des éléments encagoulés et armés, sans aucun mandat dûment établi, auraient fait irruption au domicile de Zabré Yobi et procédé à des fouilles suivies de séquestrations et à des actes de torture‘’. C’est en tout cas ce qui ressort des témoignages des prévenus eux-mêmes. Lesquels prévenus ont été ‘’conduits à Abidjan dans les locaux du Groupement des Moyens Généraux ‘’ à l’Hôtel Sébroko.
- Les exploitations agricoles de feu Wahabo suscitent la convoitise
A les en croire, ‘’lors de cette descente musclée, les biens appartenant aux prévenus ont été emportés, notamment une sommes de trois millions (3.000.000) FCFA provenant de la vente de ses produits agricoles, un véhicule de type 4×4 de marque NISSAN, immatriculé: 4955ET01 et une moto de marque TV5 125 ‘’. Mais comment en est-on arrivé là ? Il ressort des témoignages de l’ICDH et des proches qu’alors que Zabré Yobi était absent de la Côte d’Ivoire, son jeune frère Ouédraogo Wahabo, planteur, aurait été pris à parti et abattu froidement à l’arme à feu par des individus qui convoitaient leurs exploitations agricoles aux fins de se les approprier. Alerté depuis le Burkina Faso, son pays natal où il s’était rendu, il a écourté son séjour après avoir appris le décès de son jeune frère, pour se rendre à Yakassé-Mé afin de saisir le tribunal d’une plainte pour l’assassinat de ce dernier, mais aussi pour récupérer les affaires, la femme et les enfants du défunt en vue de les conduire au pays pour organiser les funérailles dans les normes traditionnelles, auprès de leur père.
Mais Zabré Yobi Issiaka n’aura pas le temps d’honorer la mémoire de son frère. Il sera accusé, sans aucune preuve, du meurtre de son jeune frère et arrêté avec 4 autres proches puis conduit à l’Hôtel Sébroko où il passera douze (12) jours de détention avant d’être déféré au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), le vendredi 14 juin 2024. Alors que leur implication dans le meurtre de Ouédraogo Wahabo n’a jamais été établie. C’est ainsi que, faute de preuves contre Zabré Yobi et ses co-accusés, le 5e Cabinet d’Instruction du Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau rend en leur faveur, le 2 octobre 2024, un non-lieu, à travers une ordonnance qui leur sera signifié le lendemain 3 octobre 2024.
- Et semble justifier la détention arbitraire de Zabré et ses 4 co-accusés
Hélas, malgré le non-lieu, ceux-ci sont toujours détenus sans jugement, au mépris de leurs droits. Pendant ce temps, des personnes détiennent et gère la plantation de cacao du défunt Ouédraogo Wahabo dont ils se partagent le revenu ‘’avec des complicités dans l’environnement administratif, policier et militaire de la région‘’, explique la femme du détenu qui clame l’innocence de son époux et de ses proches. Ulcéré, le président de l’ICDH, Sylvain Néan Téré a, pour sa part, saisi par courrier plusieurs chancelleries à Abidjan. Ils soumettent l’affaire à l’attention des autorités compétentes et demandent la libération immédiate du militant de l’Internationale Congrès des Droits de l’Homme (ICDH) Zabré Yobi Issiaka et ses quatre proches.
Pour Sylvain Néan Téré et l’épouse du détenu, c’est une détention arbitraire au mépris de leurs droits. Un complot qui vise à réduire au silence Zabré Yobi Issiaka en raison de son activisme, mais surtout à l’écarter de la plantation de son jeune frère, dont la famille a été pratiquement expropriée. L’ICDH entend livrer à la presse dans les prochains jours, les circonstances de la mort de Ouédraogo Wahabo et le vol de ses biens ainsi que les noms des auteurs et complices du complot au niveau administratif et militaire dans le chef-lieu de la région de la Mé’, qui a débouché sur la détention arbitraire de Zabré Yobi Issiaka et la spoliation de la plantation du défunt.
Maurice Konan KOUASSI













