@informateur- Au moment où le monde est visiblement en nécessaires mutations idéologiques, géopolitiques, géostratégiques, économiques, sociales et culturelles, laissant voir un paysage international qui se redessine et se reconfigure utilement pour passer enfin le cap des libertés et de l’équité tant rêvées par les peuples du Sud, nous voulons vous transmettre un message politique clair pour notre pays, la Côte d’Ivoire.
À ses dépens, notre chère Côte d’Ivoire a le dos tourné à ces grandes mutations et s’agrippe désespérément à un vieux monde devenu sénile, celui de la pensée unipolaire occidentale de l’après-Deuxième Guerre mondiale, qui l’a toujours façonnée comme une vache à lait, ou comme une poule aux œufs d’or, et trop souvent aussi comme une bête de somme et de foire.
Ce vieux monde unipolaire n’a que trop fait perdurer les souffrances et angoisses existentielles de notre peuple qui n’avait plus depuis longtemps le pays et son destin national entre ses propres mains. Cela s’appelle de la spoliation. Afin de continuer à avoir ainsi la Côte d’Ivoire à ses bottes, ce vieux monde unipolaire a eu ce génie odieux de créer sur-mesure des serviteurs et tâcherons entièrement voués à sa solde, en en faisant des gouvernants au règne imposé à la tête de notre pays. Cela s’appelle de la tyrannie.
On nous a tellement fait croire que ce vieux monde unipolaire était notre maitre-à-penser attitré et omniscient, qu’il nous était pratiquement impossible de trouver notre salut ailleurs et autrement que par lui. Cela s’appelle de la démagogie. De 1960, année dite d’indépendance, à nos jours, la Côte d’Ivoire est ainsi restée la chose ou le machin, exploitable à souhait, de ce vieux monde unipolaire, dont le système idéologique n’était en fait qu’un puissant aspirateur de notre économie nationale, et un versatile manipulateur politique des consciences.
En conséquence, nos dirigeants politiques, sous des airs fantoches, n’ont été que des marionnettes sans personnalité authentique, qui ne décidaient de rien pour le pays, puisque tout était décidé pour eux-mêmes qui n’avaient qu’à l’appliquer béatement à la vie nationale de la Côte d’Ivoire. Cela s’appelle de l’impérialisme.
Tout cela est su aujourd’hui. Mais à force d’être le Mal économique mondial, suceur des peuples productifs et affaiblis, et d’en avoir trop fait, de son système de surexploitation hégémonique, ce vieux monde unipolaire de 1945, à l’image de la mythique Grèce antique, est en pleine décadence et déchéance partout où il incarnait injustement la raison du plus fort.
Comment, alors, la Côte d’Ivoire peut-elle se voir comme un pays émergent, pendant qu’elle est plus que jamais encore agrippé à ce vieux monde lui-même frappé par la conjoncture économique, conséquence de son libéralisme à outrance et vertigineux, et qui plonge ainsi irréversiblement de la tête, dans les abysses de la déconfiture idéologique ?
C’est à ce stade des choses, c’est à ce moment crucial, où les pays longtemps tenus à la bride par ce vieux monde unipolaire, recherchent la liberté de vivre enfin leur pleine souveraineté, qu’un nouveau monde multipolaire, fortement épris de justice sociale et d’égalité entre les nations, apparaît pour répondre à leur demande existentielle légitime.
L’Alliance des Etats du Sahel (AES), qui regroupe pour le moment, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et qui a saisi sans hésiter, comme la Guinée de Sékou Touré, en 1958, cette nouvelle offre politique de la pleine souveraineté nationale, faite par le nouveau monde multipolaire, est le bel exemple donné en Afrique de l’Ouest, que la liberté africaine est possible et viable.
Le développement de l’actualité politique dans cet espace sahélien et ouest-africain de l’AES, montre à bien d’égards, que le ciel ne s’est pas décroché de ses hauteurs vertigineuses pour tomber sur ces pays qui ont compris qu’il fallait tout simplement oser dire Non à l’ancien monde de caporalisation politique et économique, et s’assumer tels, sans remords ni regrets. Cela s’appelle écrire son Histoire.
Oui, nous félicitons de vive voix, au nom de la nouvelle génération souverainiste africaine, cette marche historique qui fait date dans le nouveau monde multipolaire, symbole de l’équité, du droit international reconnaissant la liberté de disposer de soi-même en tant qu’Etat constitué, et du développement mondial inclusif et partagé. Oui, nous voulons aussi écrire cette Histoire nouvelle de notre continent, aux côtés des pays de l’AES.
Oui, nous voulons que la Côte d’Ivoire entre, à son tour, dans cet espace géopolitique et géostratégique sahélien, qui donne toutes ses lettres de noblesse à la conquête de la souveraineté nationale, depuis longtemps rêvée par nos pères et patriarches panafricains, hier si lâchement réduits au silence et à néant.
Oui, nous entendons mener, pour notre chère Côte d’Ivoire, cet élan de rupture et de renouveau, dans le droit fil de la voie déjà tracée par l’AES, en Afrique de l’Ouest, point de départ, point focal et point d’ancrage du nouveau panafricanisme de construction et de travail, qui est désormais en marche.
C’est pourquoi, nous, Ivoiriens en exil et à l’étranger, en bonne intelligence avec nos compatriotes vivant en Côte d’Ivoire, et qui y vivent quotidiennement le martyre de la mal-gouvernance liguée au mauvais choix de l’obédience politique occidentale, préparons, ici et maintenant, et tout de suite, la mise en place d’un acte politique conséquent, qui consiste en la gestation du nouveau Mouvement politique baptisé « RURÉNCI », qui signifie littéralement : « Rupture et Renouveau en Côte d’Ivoire ».
Désormais à faire connaître sous cette dénomination de « RURÉNCI », notre mouvement politique naissant prendra bientôt toute sa place sur l’échiquier politique national ivoirien, en Côte d’Ivoire et à l’étranger. Nous estimons qu’il est temps que s’opère cette rupture et ce renouveau, afin de faire place dans notre pays à la montée d’une gouvernance souveraine nationale, et que la Côte d’Ivoire trouve légitimement sa place au sein de l’espace AES, dont nous partageons pleinement le destin géopolitique et géostratégique, en Afrique de l’Ouest. À savoir :
- La question de la Défense face à la menace terroriste qui préoccupe le Sahel : la preuve en est que, le 13 mars 2016, fut perpétré l’attentat terroriste de Grand-Bassam, au Sud de la Côte d’Ivoire ; et que le 12 juin 2021, une attaque terroriste fut aussi perpétrée dans la région de Tèhini (au Nord-Est de la Côte d’Ivoire), près de la frontière avec le Burkina Faso. Cette attaque était la quatrième, en un peu plus de deux mois, commise dans cette région. Les dernières attaques dans le Nord de la Côte d’Ivoire, près de la frontière du Burkina Faso, remontent également au 29 mars 2021, lorsque deux positions de l’armée ivoirienne, à Kafolo et Kolobougou, ont été prises pour cibles par des hommes armés, faisant six morts, trois soldats réguliers et trois terroristes.
- La question de la Diplomatie libre : l’accession à la pleine souveraineté nationale, empoignée par l’AES, concerne aussi la Côte d’Ivoire qui a toujours plus solidement les mains et les pieds liés dans le giron d’Occident, alors même que son indépendance théorique date de 1960, et qu’il faut maintenant la traduire dans les faits.
- La question du Développement multipolaire : comme l’AES, la Côte d’Ivoire a le droit de traiter diversement avec des partenaires étatiques variés, dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant et équilibré, revers viable de la sempiternelle politique hégémonique occidentale.
Faire cela, s’appelle assumer sa responsabilité (de défendre son pays), son autorité (de le gouverner les mains libres), et sa vision (de le conduire autrement au développement inclusif global). Faire résonner et entendre cette cause pressante auprès de chacune des Ivoiriennes et chacun des Ivoiriens, en vue d’une convergence d’esprits, est l’objectif de cette lettre ouverte à la Nation, d’une Nation ivoirienne encore et toujours suffocante et à la recherche résignée de nouveaux repères de gouvernance.
Nous en appelons donc à la conscience authentique du peuple de Côte d’Ivoire, et à l’esprit de patriotisme des Ivoiriens, à s’inscrire du bon côté de l’Histoire nouvelle qui s’écrit pour l’Afrique, invitant chacune et chacun à s’approprier, dès maintenant, l’élan réparateur du RURÉNCI, et à fédérer les intelligences et forces, en vue de réaliser le changement judicieux, nécessaire et durable de la politique d’Etat en Côte d’Ivoire.
En conséquence, le mouvement politique RURÉNCI, conscient que le poisson pourrit toujours par la tête, et que c’est par la tête de l’exécutif ivoirien qu’il est devenu impératif d’opérer le changement de gouvernance pour la Côte d’Ivoire, appelle à donner légitimement échos à cette visée politique aux quatre coins de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et du monde, par un large et entier soutien à cette cause.
Bamako, le 14 janvier 2024,
Sylvain Takoué,
Écrivain ivoirien en exil
Et Président du
Mouvement politique « RURÉNCI ».












